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Les filtres à particules bientôt imposés sur les véhicules essence?

Après le diesel, le filtre à particules bientôt généralisés sur les moteurs essence?

Après le diesel, le filtre à particules bientôt généralisés sur les moteurs essence? - Wikimedia commons

La Commission européenne devrait s'attaquer davantage aux particules fines dans sa nouvelle réglementation sur les émissions polluantes. Après les diesel, ce serait au tour des véhicules essence de devoir se mettre au filtre à particules.

Les voitures à moteur essence disposeront bientôt d'un filtre à particules (FAP). C'est en tout cas ce que croit savoir ce vendredi le quotidien Les Echos, qui a pu consulter un nouveau projet de réglementation européenne attendu la fin de l'année.

Dans sa prochaine révision de la réglementation sur les émissions polluantes, la Commission européenne veut en effet s'attaquer aux particules fines, et plus largement à la pollution des moteurs essence, restés jusqu'à présent loin du tourbillon médiatique et institutionnelle post-dieselgate. Particules, FAP, ces termes sont en effet généralement associés au diesel. Mais les moteurs essence sont loin d'être épargnés. Explications.

Essence=CO2, diesel=particules, ça, c'était avant

Avant, c'était simple: les véhicules à essence émettaient en général plus de dioxyde de carbone (CO2) et moins de particules fines que les véhicules diesel. Résultat, en France, on a pendant longtemps subventionné le diesel. Le système du bonus écologique est en effet basé uniquement sur les émissions de CO2 (qui est un gaz à effet de serre et non un polluant), ce qui a mécaniquement favorisé les véhicules roulant au gazole.

C'est un choix, on préfère lutter contre le réchauffement climatique que contre les particules fines qui ont été identifiées depuis 2012 comme l'un des principaux facteurs de risque sanitaire favorisant les cancers mais aussi l'asthme, des allergies et des maladies cardiovasculaires et respiratoires.

Les essence désormais émetteurs de particules

Pour limiter cette pollution aux particules fines, les véhicules diesel neufs doivent depuis 2011 être équipés d'un filtre à particules. Mais les moteurs essence émettent aussi de plus en plus de particules fines. Car oui, ces dernières années, pour réduire leur niveau de consommation, les moteurs essence à cylindrée réduite ont été équipés de turbo ou de systèmes d'injection directe pour conserver une puissance suffisante, des technologies ici du diesel.

En 2014, la norme Euro 6 avait déjà introduit un premier plafond d'émission pour les particules fines à 4,5 mg/km. Pour les essence, ce seuil était encore facile à atteindre mais cela devrait être plus compliqué avec la révision de la norme qui sera fixée en décembre par la Commission européenne, pour une application à partir de septembre 2017. Les équipementiers anticipent déjà cette demande à venir de filtres à particules pour les moteurs essence. "Nous avons une demande de plus en plus importante en filtres à particules pour l'essence. Elle s'est accélérée depuis un an", avait ainsi indiqué à Reuters Luc Herbin, responsable R&D de la division Technologies de contrôle des émissions de Faurecia, numéro un mondial du secteur, lors des journées presse du Mondial de l'auto.

Marche arrière sur le downsizing

Le "downsizing", la réduction de la taille des moteurs pour limiter leur consommation, serait également bientôt passé de mode. "Les techniques que nous avons utilisées pour réduire la cylindrée des moteurs ne nous permettront plus de respecter les standards d'émissions. Nous atteignons les limites du downsizing", a ainsi déclaré à Reuters Alain Raposo, directeur de la planification des motorisations de l'alliance Renault-Nissan.

On se dirigerait donc vers une ère de "l'upsizing", avec des moteurs un peu plus gros, pour limiter les émissions d'oxyde d'azote (les fameux NOx) et de particules. Toutefois, pour continuer à émettre peu de CO2, les constructeurs n'auraient pas d'autres choix que de porter la technologie hybride sur les plus petits moteurs, comme l'expliquait récemment le magazine Auto Plus. Entre coût d'investissement à réaliser et respect des différentes normes, l'équation s'annonce en tout cas comme un joli casse-tête à résoudre pour les industriels. 

Julien Bonnet