BFM Auto

Le permis à points fête ses 25 ans

Dans son JT en 1989, Christine Ockrent annonce l'introduction à venir du permis à points.

Dans son JT en 1989, Christine Ockrent annonce l'introduction à venir du permis à points. - Ina.fr

Introduit le 1er juillet 1992, le permis à points vient de fêter ses 25 ans. L'occasion de revoir un JT de l'époque annonçant cette révolution pour les automobilistes et 3 chiffres marquants sur ce dispositif adopté de nombreux pays dans l'Union européenne.

Nous sommes le 19 avril 1989 et Christine Ockrent, présentatrice du JT d'Antenne 2 à l'époque, annonce l'introduction à venir du permis à points. Le reportage annonce que ce nouveau dispositif sera effectif en 1992, "lorsque les 35 millions de permis de conduire seront tous informatisés".

Entré en vigueur le 1er juillet 1992 (loi n° 89-469 du 10 juillet 1989), le permis à points a donc fêté il y a quelques jours ses 25 ans. L'occasion pour la Sécurité routière de communiquer sur quelques statistiques peu connues.

Plus de trois Français sur quatre ont 12 points

Sur les 48 millions de titulaires du permis de conduire en 2017, 76,75% disposent des 12 points, un chiffre en légère amélioration par rapport à 2010 où la Sécurité routière en comptait 75%. Comme celle-ci s'en félicite, les Français sont ainsi plutôt de bons conducteurs avec 85% à 10 points ou plus.

De l'autre côté, moins de 1% des titulaires du permis n'ont plus aucun point sur leur permis et devront donc le repasser. En 25 ans, 1.106.279 personnes se sont retrouvées dans cette situation. Dans la catégorie "stage de récupération de points à effectuer dans les plus brefs délais", moins de 2% (946.881 personnes) disposent d'un solde compris entre 1 et 5 points.

A noter que depuis 2004, les nouveaux titulaires du permis démarrent leur vie d'automobiliste avec un capital de 6 points et, pendant 3 ans, seulement 2 pour ceux qui ont pratiqué la conduite accompagnée.

-
- © Sécurité routière

Un facteur de réduction de la mortalité sur les routes

"En un quart de siècle, le permis à points a contribué, avec d'autres mesures, à diviser par trois le nombre de morts sur les routes", relève la Sécurité routière. Lors de son introduction, on déplorait en effet plus de 9.000 morts chaque année sur les routes de France, un chiffre tombé à 3.477 l'an dernier.

Avec les mesures mises en place, on ajoutera également l'évolution de la sécurité à bord, avec l'introduction de nombreux équipements comme l'airbag et maintenant le freinage automatique d'urgence. La vidéo de ce choc entre un modèle de 1997 et un de 2015 était plutôt frappante pour illustrer les progrès réalisés.

Vers une harmonisation européenne?

Dans l'Union européenne, 22 pays sur 27 se sont dotés d'un dispositif de permis à points (auxquels on peut ajouter le Royaume-Uni). A noter que comme en France, l'Italie, l'Espagne et le Portugal ont un capital de points qui se réduit selon les infractions. En Allemagne, aux Pays-Bas, en Irlande et en Roumanie, c'est l'inverse, avec l'ajout de pénalités à partir de zéro et avec un plafond synonyme de retrait de permis. 

"La France milite pour que tous les États membres de l'Union européenne disposent d'un système de permis à points et que l'Union européenne mette en place un dispositif harmonisé", rappelle la Sécurité routière. En attendant et grâce à la loi de modernisation de la justice du 21e siècle, un "permis à points virtuel" sera mis en place en France d'ici à la fin 2018: les conducteurs de véhicules immatriculés à l'étranger se verront attribuer 12 points comme les conducteurs français. Si le conducteur perd tous ses points, il ne pourra plus circuler en France pendant 2 ans.

-
- © Sécurité routière
Julien Bonnet