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Le contrôle technique devient encore plus sévère au 1er janvier

Après un premier durcissement en mai, le contrôle technique évolue une nouvelle fois au 1er janvier. Cette fois, le volet anti-pollution est renforcé.

Le contrôle technique poursuit sa mue. Après une première réforme entrée en vigueur le 20 mai, cet examen obligatoire tous les deux ans se durcit une nouvelle fois au 1er janvier. Avec désormais un contrôle anti-pollution renforcé pour les véhicules diesel. Et cela ne concernera pas uniquement les voitures les plus anciennes.

Ce qui change en 2019

Le contrôle de l’opacité des fumées, et donc des particules qui sortent du pot d’échappement, sera plus sévère. Pour mesurer ces particules, les contrôleurs techniques utilisent un opacimètre. Ce petit boitier installé à la sortie du pot d'échappement émet et reçoit de la lumière. Si le rayon lumineux est trop dispersé, c'est que le véhicule émet beaucoup de particules. 

"La méthode de contrôle va d’abord changer, avec des accélérations plus franches du véhicule", explique Laurent Palmier, PDG du réseau de contrôleurs techniques Sécuritest. Cela permettra de mettre le véhicule dans une situation où il doit le plus polluer.

"Le seuil d’émissions va également évoluer, en se basant pour les diesels Euro 5 et Euro 6 [les diesel immatriculés depuis 2011, ndlr] sur les valeurs données lors de l’homologation des véhicules", poursuit Laurent Palmier. Pour avoir son contrôle technique, le véhicule ne devra donc pas plus polluer qu’à sa mise sur la route.

"Avant sur le torchon blanc, on allait chercher la grosse tache, désormais on cherche la petite tache, résumait le 24 septembre Christophe Combes, porte-parole de l’organisation Diésélistes de France, lors des états-généraux du diesel. Les véhicules diesel anciens émettent des particules, il faut maîtriser ses particules, à hauteur au moins de l’homologation d’origine".

"C’est une des premières démarches fortes pour contrôler la pollution", ajoutait Louis Pascal Soracchi, directeur commercial France de l’équipementier Tenneco Walker.

Quels véhicules seront concernés

Paradoxalement, ce ne sont donc pas forcément que les vieux diesel qui souffriront de ce nouveau contrôle technique. "Sur les véhicules Euro 5 par exemple, les constructeurs ont voulu se montrer très vertueux, les valeurs données à l’homologation sont beaucoup plus basses que le seuil utilisé lors du contrôle technique, précise Laurent Palmier. Ces véhicules risquent donc de souffrir, notamment s’ils ne sont pas bien entretenus".

"Le but de cette réforme est aussi de sortir du parc les véhicules les plus polluants, quels qu’ils soient, résume Alexis Frèrejean, cofondateur de Vroomly, un site spécialisé dans l’entretien automobile. Si vous ne faites par exemple que des trajets courts avec votre voiture diesel, le moteur va s’encrasser, même si votre voiture est récente. Il y aura plus de contre-visite pour un motif de pollution".

"Comme toujours, les véhicules bien entretenus passeront la norme sans souci", tempère Bernard Bourrier, vice-président du Conseil National des Professionnels de l’Automobile (CNPA), en charge de la branche contrôle technique. Les professionnels évoquent une hausse des taux de contre-visité de 3 à 15%, bien loin donc des estimations alarmistes du printemps dernier, lors de la première réforme. Ce durcissement de l'examen permettra notamment de détecter les véhicules dont le filtre à particules a été retiré, s'il est mal entretenu. 

Une réglementation française

Ce nouveau changement de réglementation ne suit pas cette fois une norme européenne, mais met à jour une norme française, la norme NF R10-0 25. Lancée en 1996, cette réglementation avait introduit les règles pour mesurer l’opacité des fumées des diesel. Vingt ans plus tard, les technologies des moteurs diesel ont évolué, la norme et le contrôle technique évoluent donc aussi.

Reste la question du prix du contrôle technique. Pour les professionnels, la durée du contrôle technique ne devrait pas forcément augmenter après le 1er janvier. En conséquence, son prix ne devrait pas non plus bouger. Depuis la réforme du 20 mai, les contre-visites sont cependant de plus en plus facturées, ce qui peut représenter une hausse des dépenses du point de vue de l'automobiliste propriétaire d'un diesel qui passera en contre-visite.

S'ils ne sont pas concernés par cette réforme, ceux qui roulent à l'essence verront bientôt le contrôle technique également évoluer. D'ici 2022, l'examen devra se durcir. Au 1er janvier, les niveaux de dioxyde de carbone comme d'hydrocarbures des moteurs essences seront déjà relevés, mais pour le moment seulement à titre indicatif. 

Pauline Ducamp