BFM Auto

L'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a vendu plus de voitures que tous les autres constructeurs automobiles

Les ventes de Renault Nissan Mitsubishi ont progressé de 1,4% en 2018 pour totaliser 10,76 millions d'unités, contre 10,6 pour Volkswagen

Les ventes de Renault Nissan Mitsubishi ont progressé de 1,4% en 2018 pour totaliser 10,76 millions d'unités, contre 10,6 pour Volkswagen - Fadel Senna - AFP

En 2018, l'alliance franco-japonaise a vendu plus de véhicules que l'Allemand Volkswagen et que Toyota et reste n°1 mondial. Le classement fait polémique car il compare une alliance de constructeurs avec des groupes consolidés.

Empêtrée dans le scandale Carlos Ghosn depuis son arrestation mi-novembre, l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi avait une bonne nouvelle à communiquer cette semaine. En 2018, l'ensemble franco-japonais a tenu tête à ses concurrents en se maintenant au premier rang des ventes automobiles mondiales devant Volkswagen et Toyota.

Les ventes, toutes marques confondues, ont progressé de 1,4% pour atteindre 10,76 millions de véhicules vendus. Ce total résulte de l'addition des 5,65 millions de véhicules écoulés par Nissan (-2,8% sur un an), y compris sous ses marques Datsun et Infiniti, 3,9 millions du groupe Renault (+3,2%), avec Dacia, Lada, Samsung, Alpine, et 1,22 million de Mitsubishi Motors (+18%).

Volkswagen en tête grâce aux camions

Sur le papier, le groupe Volkswagen (12 marques dont Audi, Porsche, Seat et Skoda) a dépassé d'un cheveu l''alliance franco-japonaise avec 10,83 millions de véhicules vendus en 2018 (+0,9%). Mais ce chiffre ne concerne pas seulement les voitures. Il inclut 233.000 camions vendus par MAN et Scania. Si on s'en tient aux seules voitures particulières (VP) et utilitaires légers (VUL), Volkwagen a écoulé "seulement" 10,6 millions de véhicules. Toyota, troisième du classement, a vendu 10,59 millions véhicules camions compris (9,29 millions sans).

Les ventes des premiers constructeurs mondiaux en 2018
Les ventes des premiers constructeurs mondiaux en 2018 © Louis Tanca

De fait, la séparation des camions et des véhicules légers fait polémique. Volkswagen n'est-il pas en réalité le premier constructeur mondial de l'année 2018? Non, estime Tommaso Pardi, directeur adjoint du Groupe d'étude et de recherche permanent sur l'industrie et les salariés de l'automobile (Gerpisa) qui estime que cette segmentation "a du sens car les voitures et VUL peuvent être construits dans les mêmes usines" et partagent de nombreux éléments communs alors que les camions sont "une industrie totalement différente".

Toyota, un numéro un classé troisième

Cet expert met cependant en garde contre une sur-interprétation des chiffres de volumes de ventes. "Ce n'est pas un indicateur fiable de la compétitivité d'un constructeur", explique Tommaso Pardi, pour qui il faut aussi mettre dans la balance d'autres éléments comme les ratios de rentabilité ou la valorisation boursière. En tenant compte de ces critères, Toyota est en tête d'un bonne longueur. Il pèse en Bourse plus de cinq fois Volkswagen et dix fois Renault.

Mais ce n'est pas tout. Plusieurs experts soulignent une comparaison délicate entre l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et les groupes consolidés. Renault détient 43% de son partenaire Nissan, qui détient lui-même 15% de Renault (sans droits de vote) et 34% de Mitsubishi Motors. 

Ces débats ne concernent que le trio de tête et ne changent rien pour les autres constructeurs. General Motors (GM) est à la quatrième place en perdant plus d'un million d'unités annuelles à cause de la vente en 2017 d'Opel à PSA (Peugeot, Citroën, DS). Il devrait tout de même se maintenir au-dessus des 8 millions de véhicules en 2018. Le groupe coréen Hyundai (avec Kia) a déjà annoncé avoir vendu 7,4 millions de voitures l'an dernier, un nouveau record.

Pascal Samama avec AFP