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Interdictions des véhicules les plus polluants: les communes du Grand Paris divisées

La Métropole du Grand Paris met en place à partir du 1er juillet une Zone à faibles émissions, qui interdira de circuler les véhicules les plus polluants. Toutefois, l'interdiction est soumise à la décision de chaque commune. Certaines ont décidé de ne pas suivre ce dispositif ou l'appliqueront plus tard.

Le 1er juillet, les vieilles voitures et les voitures les plus polluantes seront interdites du Grand Paris. La Métropole du Grand Paris emboîte le pas de la capitale en bannissant ces véhicules, dans le but de réduire la pollution et la circulation.

Les véhicules essence et diesel d'avant 1997 et les véhicules dotés d'une vignette Crit'Air 5 (d'avant 2001) ne pourront ainsi plus circuler dans un périmètre délimité par l'A86, appelé Zone à faibles émissions (ZFE). Du moins en théorie.

Car la Métropole n'a pas le pouvoir de contraindre les 79 communes de cette zone à appliquer cette mesure. Une à une, elles doivent prendre un arrêté d'interdiction de ces véhicules sur leur territoire. Selon un décompte fourni par la Métropole, à moins de deux semaines de l'entrée en vigueur de la ZFE, 48 maires prendront l'arrêté d'interdiction.

Une mesure jugée discriminante

Parmi les critiques, certaines communes réfractaires jugent la mesure discriminante pour les automobilistes qui n'ont pas les moyens de remplacer leur véhicule ancien par un véhicule récent et plus propre.

Jean-Didier Berger, le maire de Clamart dans les Hauts-de-Seine parle de sanction à l'égard des habitants.

"Si on dit aux gens, alors que vous n'aviez pas prévu de changer de véhicule, alors même que certains d'entre vous ont été incités à acheter ces véhicules par des primes de l'Etat, que maintenant on vous demande de mettre ces véhicules à la poubelle, on ne peut pas y arriver", tranche l'élu. 

Oui pour la ZFE mais en 2020

D'autres communes approuvent l'idée d'une ZFE face à l'urgence sanitaire, mais estiment l'échéance de juillet trop courte. Les maires de Sceaux et Bourg-la-Reine ont ainsi décidé de prendre un arrêté d'interdiction des véhicules les plus polluants, mais pour une entrée en vigueur au 1er juillet 2020.

Ce délai d'un an doit permettre de "donner le temps de la mise en place de mesures d'accompagnement, notamment financières que ce soit au niveau de l'Etat ou au niveau de la Métropole du Grand Paris", explique Philippe Laurent, le maire de Sceaux. 

Selon la Métropole du Grand Paris, jusqu'à 16.000 euros d'aides peuvent être cumulées pour remplacer son véhicule polluant, entre les aides de la métropole, la prime à la conversion et le bonus écologique. Pour laisser le temps aux automobilistes franciliens de faire la transition, les sanctions n'interviendront pas avant fin 2021. D'ici cette date, des contrôles pédagogiques seront menés, avant la mise en place d'un système de vidéoverbalisation. 

Carole Blanchard avec Margaux Boddaert et Julie Pierret