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Essai - Lexus RC 300h, le retour du coupé hybride

Lexus a offert un petit lifting à son coupé RC 300h l'an dernier. De quoi prolonger la durée de vie d'un modèle lancé en 2014. Si le design et l'agrément de conduite font toujours mouche, les technologies embarquées accusent tout de même le poids des années. Découverte sur les jolies routes d'Andalousie.

Quatre ans après sa sortie, le RC 300h vient de s'offrir un petit lifting. Vu au Mondial de Paris en septembre dernier, ce coupé équipé d'une motorisation hybride non-rechargeable a très peu évolué par rapport à la première génération. Mais elle traduit la volonté de Lexus, et plus globalement de sa maison-mère Toyota, de décliner ses motorisations plus économes sous toutes les formes.

Ici, l'enveloppe d'un coupé apporte clairement une touche de glamour et de sportivité à une combinaison essence-électrique sous le capot plutôt tournée vers l'éco-conduite. Un cocktail surprenant qu'il convenait de goûter, avec comme cadre pour cet essai les routes d'Andalousie dans les environs de Malaga.

Mais pourquoi le Lexus RC 300h ?

Dans la gamme Lexus, ce coupé RC fait figure de petit-frère du LC, équipé de motorisations plus puissantes. Le "luxury coupé" est sorti en 2016, peu après le "radical coupé", lancé en 2014. C'est ce dernier qui vient donc d'être restylé, avec une nouvelle version dévoilée au dernier Mondial de Paris et que nous avons pu tester dans sa version 300h, équipée d'une motorisation hybride. En France, les commandes sont ouvertes depuis novembre et les premières livraisons sont en cours.

Les RC et LC permettent à Lexus de disposer de coupés offrant cette association entre essence et électrique, sans vraiment de concurrence chez les autres constructeurs. Les volumes de ventes se révèlent relativement faibles, logique sur un marché du coupé qui n'attire malheureusement plus beaucoup d'acheteurs. En 2018, seulement 6730 exemplaires du RC et 4816 du LC ont trouvé preneurs dans le monde, autant dire qu'il s'agit d'une goutte d'eau au regard des ventes cumulés de Toyota et Lexus, qui dépasse les 10,5 millions d'exemplaires.

Mais ces modèles jouent avant tout le rôle de porte-étendards d'un constructeur qui vient de boucler une septième année de croissance consécutive en Europe. Un continent où il réalise 60% de ses ventes sur des modèles hybrides justement. Qu'importe donc que le RC n'y pèse que pour moins de 2% des volumes de Lexus, il renforce avant tout l'image entre luxe, modernité et sportivité que veut affirmer la marque japonaise. Et doit donc, rien que par de rares apparitions sur la route, susciter d'autres ventes.

Une ligne de coupé sur fond de paysage andalou.
Une ligne de coupé sur fond de paysage andalou. © Julien Bonnet

Au volant

Au premier coup d’œil, difficile de résister à l'attraction du RC 300h. Même dans un blanc plutôt discret et avec un moteur qui ne gronde pas, notre coupé attire les regards des passants et des autres automobilistes. Avec sa calandre imposante et ses phares qui intègrent une nouvelle signature en "L", seul l'avant semble susciter un certain débat esthétique. A contrario, on trouvera difficilement des pouces baisés à la vue du profil, avec un bec plongeant à pic et un toit semblant épouser le flux de l'air balayé à notre passage. Même plébiscite à l'arrière avec ces feux qui se dégagent de hanches musclées, soulignant au passage que nous sommes bien face à une propulsion, avec la transmission de toute la puissance aux roues arrière. 

Une fois à l'intérieur, le dessin de la planche de bord offre une certaine originalité, avec un écran bien intégré et une horloge analogique juste en-dessous entre les deux ventilations centrales. En dessous, le lecteur CD fait de la résistance et l'ensemble est moins flatteur avec, jusqu'à la console centrale, le recours à un plastique dur qui vient trancher avec l'excellente finition et les matériaux nobles utilisées dans le reste de l'habitacle.

L'intérieur reste assez original même si l'écran non tactile, le manque d'aides à la conduite et l'absence d'Android Auto/Apple Carplay pour connecter son téléphone trahissent ses quelques années d'âge.
L'intérieur reste assez original même si l'écran non tactile, le manque d'aides à la conduite et l'absence d'Android Auto/Apple Carplay pour connecter son téléphone trahissent ses quelques années d'âge. © Essia Lakhoua

Une fois qu'on a pressé le bouton "power", le démarrage se fait dans un silence absolu. A basse vitesse et avec sa batterie un minimum rempli, le RC 300h peut en effet rouler en mode 100% électrique. Le relais ou la danse partagée avec le moteur thermique se fait ensuite dans une symbiose absolue. Le conducteur peut néanmoins forcer le recours à la motorisation électrique, mais la faible capacité de la batterie ne permet pas vraiment d'en profiter réellement. On a même un peu de mal à comprendre l'intérêt de cette fonction, le RC 300h préférant repasser l'effort sur le moteur essence plutôt que de brider ses performances pour rester coûte que coûte en mode zéro émission.

En parlant de performances, il faut aussi reconnaître une certaine déception. Si le comportement du véhicule est très sain, d'autant plus dans notre finition "F Sport" avec des suspensions spécifiques, il invite plutôt à la ballade qu'à une conduite réellement sportive. Le moteur essence atmosphérique de 2,5 litres offre une puissance de 178 ch, l'électrique développant de son côté 138 ch. Malheureusement, l'addition des deux ne fait pas passer les 300 chevaux et offre une puissance cumulée de 223 chevaux. Suffisant pour se faire plaisir mais pas pour offrir au joli coupé le rythme de conduite auquel son look de sportif collerait davantage. Le 0 à 100 km/h effectué en plus de 8 secondes reflète bien un bilan en demi-teinte sur ce plan de la sportivité. 

Avec un niveau d'insonorisation particulièrement travaillé, le RC 300h mise donc avant tout sur un confort de conduite plutôt raccord avec sa motorisation hybride "tranquille".

L'arrière du Lexus RC 300h offre un aspect très dynamique.
L'arrière du Lexus RC 300h offre un aspect très dynamique. © Essia Lakhoua

LE truc en plus : un compteur mouvant derrière le volant

Dans un monde automobile de plus en plus converti aux compteurs numériques, avec un écran qui remplace les bonnes vieilles aiguilles, Lexus offre une version très originale de cette mutation en cours. Derrière le volant, entre les traditionnelles jauges de température d'huile et d'essence, on retrouve bien un compteur numérique central et rond, le tout joliment entouré d'un cercle imitation métal.

"L'effet waou" intervient lorsqu'on presse le bouton des réglages sur le volant: le cercle de métal vient se décaler sur sa droite pour laisser apparaître les informations désirées sur un autre écran, caché jusqu'ici. S'il est plus facile de se faire une idée en regardant notre essai vidéo, on peut applaudir la qualité de cette animation jouant subtilement entre un déplacement mécanique "à l'ancienne" et nouveau monde numérique. Un joli "truc en plus" qu'on retrouve avec plaisir sur d'autres modèles actuels de Lexus, comme la dernière berline ES.

Derrière le volant, le compteur se déplace mécaniquement.
Derrière le volant, le compteur se déplace mécaniquement. © Essia Lakhoua

LE chiffre : 5

Comme le nombre de litres aux 100 km annoncé pour ce RC 300h avec la norme NEDC corrélé (qui fait la transition entre l'ancienne norme NEDC et la prochaine dite WLTP). Lors de notre essai, l'utilisation des modes sport et sport + nous a plutôt fait flirter avec les 10 litres aux 100 km mais il paraît clair qu'en usant de manière plus modérée de la pédale de droite, le bilan aurait pu être bien plus flatteur pour le coupé sobre. Les animations sur l'écran des compteurs en mode éco invitent en effet à user de la décélération progressive pour recharger la batterie qui viendra épauler le moteur thermique le moment voulu.

Mais un autre chiffre en rapport avec cette consommation affichée est à mettre en avant. Avec seulement 114 grammes de CO2 au km, le RC 300h se paye le luxe d'échapper au malus. Un petit exploit pour un coupé "sportif", même si nous conservons nos réserves sur l'emploi de ce dernier qualificatif au vu des performances offertes.

"Existe aussi en orange, rouge ou bleu"
"Existe aussi en orange, rouge ou bleu" © Julien Bonnet

Notre modèle d'essai: Lexus RC 300h, en finition F Sport, à partir de 58.790 euros, 60.990 euros avec le toit ouvrant à 1200 euros et le blanc métallisé à 1000 euros.

Julien Bonnet, avec Essia Lakhoua