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Essai - Harley-Davidson cultive avec brio sa gamme de "cruisers" iconiques Softail

Une Harley Softail Slim

Une Harley Softail Slim - Harley-Davidson

Harley-Davidson muscle sa gamme de cruisers Softail autour de huit modèles au caractère bien trempé, sans se montrer trop intimidants, même pour des "bikers" amateurs.

On peut être à la fois un des (rares) pionniers de la moto électrique et le garant d’une tradition motorisée que certains qualifieraient de conservatisme. Après avoir dû, sous la pression des normes d’émission Euro 5, abandonner ses modèles Sportster (peu présents aux Etats-Unis mais très prisés en Europe où ils représentaient grosso modo un tiers des ventes), c’est la gamme Softail qui devient la nouvelle porte d’entrée vers l’univers Harley-Davidson.

Des modèles de motos qui correspondent à l’archétype Harley dans l’inconscient collectif: ces "cruisers" (abusivement appelés "customs" en franglais) avec de la gueule et du coffre, du chrome à foison et des cylindres gros comme ça, des engins faits pour tailler la route… et se faire remarquer.

Nouvelle porte d'entrée vers le mythe Harley-Davidson

Prosaïquement, cela place à près de 15.000 euros l’accès au mythe des motos "made in USA". La marque a conscience que pour nombre de clients, fascinés par l’univers Harley, ce sera la moto de leur rêve, celle pour laquelle certains épargnent pendant des années avant de pouvoir se l’offrir. La responsabilité de Harley est donc de continuer à créer des modèles de légende pour proposer à ses clients la meilleure machine qui soit. Contrat rempli? Réponse au terme de deux jours de road-trip sur les routes camarguaises.

La philosophie du Softail est née dans les années 1980 avec l’idée de conserver l’iconique silhouette des cruisers Harley-Davidson, basse, longue et trapue, mais en y ajoutant discrètement une suspension arrière, suspension venant à point pour améliorer la tenue de route et surtout le confort du pilote. Cette suspension se constitue d’un mono-amortisseur disposé horizontalement, invisible sous la selle, associé à un bras oscillant triangulaire, venant se reposer sur l’axe de la roue arrière. À l’arrivée, un look unique et une efficacité difficile à prendre en défaut, ce dispositif assurant en outre une excellente répartition des masses.

Un modèle Softail Slim en Camargue
Un modèle Softail Slim en Camargue © Harley-Davidson

Autour de cette base, la gamme Softail 2021 se décline en huit modèles, chacun avec une personnalité bien campée, et deux motorisations dont la moins imposante peut s’accorder avec le bridage A2, permettant aux titulaires d’un permis depuis moins de deux ans de passer derrière le guidon.

"Big Twin" (et even bigger twin)

Une Harley, ça commence par un moteur, et pas n’importe lequel: un bicylindre formant un V à 45° où chaque piston accomplit cette longue course qui lui donne ce régime délibérément plus lent et cette fameuse sonorité. Correspondant à 1746 centimètres cubes précisément, le bloc de 107 cubic-inches toise déjà de haut la plupart des berlines actuelles (par comparaison, la cylindrée moteur de la précédente génération du V-twin Harley se déclinait de 88 à 103 cubic-inches).

Un moteur Harley-Davidson 107 cubic inches
Un moteur Harley-Davidson 107 cubic inches © Harley-Davidson

Bluffant, il délivre suffisamment de puissance (86 chevaux et surtout 144 newton-mètre de couple) pour rester serein en toutes occasions. La version de 114 cubic-inches, soit 1868 centimètres cubes, ne fait qu’apporter un supplément de sensations, le couple montant à 155 newton-mètres pour répondre encore plus présent à tout moment (s’il était possible).

Harley Fat Bob
Harley Fat Bob © Harley-Davidson

Un caractère qu’on aime ou qu’on déteste, mais qui ne laisse personne indifférent. Rien ne sert d’aller chercher en haut du compte-tour, la majeure partie du couple est disponible sur une plage de 2000 à 3500 tours/minute. Le bloc trace donc avec assurance l’ensemble de l’équipage dès les bas régimes, tout en libérant au besoin, d’un coup de poignet, l’essentiel de la puissance disponible. Même pour un usager beaucoup plus habitué à rouler en scooter qu’à moto, tel que votre serviteur, l’ensemble reste étonnamment facile à dompter. D’autant que l’embrayage et la boîte de vitesse sont d’un maniement franc et précis.

Un gros caractère pourtant facile à dompter

Comme avec à peu près toutes les motos lourdes, l’image d’Epinal veut que ces Softail se mènent comme des vélos dès qu’on roule. C’est vrai, l’architecture de ces motos au centre de gravité très bas fait que les 300 kilogrammes (au bas mot) s’animent sans effort. Jamais piégeux, ces cruisers offrent une grande stabilité et adhérence. La masse permet même de s’imposer avec sérénité dans la circulation. C'est plutôt à ce titre gage de sécurité.

Attention tout de même à bien anticiper son placement avant de couper les gaz! A moins de s’appeler Schwarzenegger, déplacer seul l’engin est quasi insurmontable. Contrairement à une Honda Goldwing, il n’existe pas de marche arrière pour vous extirper d’un stationnement dans le mauvais sens de la pente... Au total, chacun des huit représentants de la gamme Softail actuelle apporte son lot de sensations exaltantes, au prisme du caractère de chaque modèle.

Subjectivement, nous avons particulièrement apprécié, parmi les ‘107’, le Softail Slim, qui présente sans doute la ligne la plus pure du lot, évoquant (à la fourche et aux disques de frein près) les modèles classiques d’après-guerre, ses larges repose-pieds et son guidon cintré incitant à une conduite apaisée, et le Sport Glide, le plus polyvalent, puisqu’il s’équipe en quelques minutes d’un carénage et de sacoches permettant d’envisager une échappée au long cours.

Un modèle Softail Street Bob de Harley-Davidson
Un modèle Softail Street Bob de Harley-Davidson © Harley-Davidson

Parmi les ‘114’ se détache particulièrement le nouveau Street Bob (précédemment équipé du moteur 107 pouces-cubes), avec son look ravageur - dès sa livrée de base noire rehaussée du logo "number 1" orange du plus bel effet - et son guidon "mini ape" tandis que l’iconique Fat Boy, rendu célèbre dès son lancement par le film de James Cameron Terminator 2, attire plus que jamais les projecteurs à lui avec ses jantes pleines et son pneu arrière XXL et un supplément de chromes brillants.

La gamme Softail (au côté de la gamme Touring et Panamerica) est gratuitement disponible à l’essai via le Freedom Tour (dates disponibles ici) ou en concession Harley-Davidson.

Guillaume Bayre Journaliste BFM Bourse