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Essai - Nous avons testé le Coleen, la "Rolls" des vélos connectés

Il n'en a pas l'air, mais le Coleen est un vélo électrique et connecté. Il s'agit surtout un cycle de luxe made in France. Fait main, il a été inventé par une start-up du Pays Basque.

Coleen, ne nom ne vous dit peut-être rien, mais ce ne serait tarder. Cette start-up pourrait pourtant bien s'imposer comme un Hermès de la mobilité. Cette marque française, créée par Audrey Lefort et Thibault Halm réalise des vélos made in France électriques et connectés.

Basée à Biarritz (Pyrénées-Atlantique), elle lance son premier modèle dont les prototypes ont été présentés au fameux CES, le salon mondial des technologies qui se tient chaque début d'année à Las Vegas.

Les Coleen sont des vélos d'exception. Ils sont fabriqués à la main dans l'atelier basque de la marque. Même le moteur et la batteries sont fabriqués en France. Ce savoir-faire a permis à la marque biarote d'être sélectionnée par Aston Martin pour réaliser un vélo en hommage à la DB4.

La gamme Coleen se divise en deux collections: The Edition (7760 euros) et The Composer (6860 euros). La première comprend deux modèles: "Marinière" et "Opale" (que nous avons testé). Ils sont reconnaissable à leur peinture personnalisée.

En février dernier, la marque britannique a dévoilé le Coleen X Aston Martin, qui arborait une peinture Sanction Green en hommage à l'Aston martin DB4.
En février dernier, la marque britannique a dévoilé le Coleen X Aston Martin, qui arborait une peinture Sanction Green en hommage à l'Aston martin DB4. © Coleen

Ce vélo est aussi connecté. C'est grâce à cette culture geek que Coleen a fait ses premiers tours de piste au CES de Las Vegas (Nevada), 2019 et 2020. Elle y a incarné le luxe, l'innovation et le design "à la française".

Côté cycle

Ce vélo, proposé en trois tailles (S, M et L) est une pièce d'orfévrerie. Chaque élément, depuis le cadre jusqu'aux boulons sont faits à la main.

Les soudures des éléments du cadre sont dignes de l'aéronautique. Son design ouvert est lui un hommage aux pionniers parisiens de la mobilité, comme l'expliquent les fondateurs de la marque. Le confort de cette géométrie se ressent sitôt en selle.

"La géométrie du cadre, qui s’inspire des premières draisiennes inventées près de l’avenue de Montaigne à Paris au XIX siècle, procure un supplément de confort", expliquent Audrey Lefort et Thibault Halm, les créateurs de l'entreprise.
Chaque élément métallique du Coleen est travaillé à la main, des éléments du cadre aux boulons.
Chaque élément métallique du Coleen est travaillé à la main, des éléments du cadre aux boulons. © Coleen

Les comodos pour le passage des vitesses et la mise en route ainsi que les pédales sont des oeuvres d'art industriel. En fait, toutes les pièces métalliques sont siglées Coleen: les jantes, les poignées de frein, le guidon, les gardes-boue et les disques de freins. Malgré son aparence robuste, le poids du vélo ne dépasse pas 18 kg, soit moins que la grande majorité des vélos du marché.

Le design très particulier des pédales Coleen
Le design très particulier des pédales Coleen © P.S.

La selle du modèle que nous avons testé, une "Idéale" en cuir provient d'une sellerie toulousaine. Les chutes de cuir sont envoyées à Bidart (Pyrénées-Atlantiques) pour réaliser les poignées avec d'avoir le même grain de cuir.

En fait, les seuls éléments non made in France sont le pédalier (Shimano), la courroie en carbone Gates et les pneus, des Schwalbe à triple protection .

Côté moteur

Le moteur, installé dans la roue arrière, est donc lui aussi made in France. Réalisé par une société rachetée par Coleen en 2019, il s'agit d'un 250W de 43Nm offrant un ressenti de 110 Nm.

Equipé d'un capteur de couple intégré, il envoie de la puissance dès le premier coup de pédale. Chaque vitesse (elles sont au nombre de 4) offre une puissance que l'on ressent vraiment.

Le moteur a un comportement unique en donnant de l'élan en seulement quelques tours de pédaliers. Le vélo conserve sa vitesse et prend même de la vitesse. On ne sent quasi pas les montées qui ne nécessitent presque aucun effort.

Le moteur Coleen est made in France.
Le moteur Coleen est made in France. © P.S.

Petit détail à savoir, la vitesse la plus puissante l'est vraiment. Elle propulse le vélo à 25 km/h en à peine deux tours de pédalier. Lors des démarrages aux feux tricolores, plusieurs automobilistes et scooteristes ont été surpris de la puissance.

Pour alimenter ce moteur, une batterie lithium de 529Wh produite à Mérignac. Elle installée sous la barre transversale du cadre et se recharge en 2h30 pour fournir une autonomie de 100 kilomètres.

Elle est amovible, mais ne dispose pas d'une prise pour la recharger directement. La prise se branche sur le cadre. Un inconvénient certes pour recharger ce vélo mais un avantage s'il faut la changer, même si elle est garantie 8 ans. Ce choix peut se défendre: qui aurait l'idée de laisser un vélo à ce prix dans la rue même si un antivol se déclenche via l'appli?

Côté numérique

En effet, si le vélo en lui-même semble classique, il n'en est pas moins un véritable e-bike. L'appli envoie immédiatement une notification si quelqu'un le bouscule et s'il est volé, un système de géolocalisation doit permettre de le suivre à la trace et de bloquer le moteur à distance, comme l'application d'Apple qui protège les iPhone ou les Mac.

Et pour encore plus dissuader les voleurs, une plaque d'identité métallique est rivetée sous le cadre avec un numéro de série. Bref, il ne sert à rien ni de le voler un Coleen, ni de l'acheter sous le manteau en espérant faire une bonne affaire. Il est repérable, inutilisable et donc invendable. Mais à se tarif, près de 8000 euros, mieux vaut tout de même l'assurer contre le vol.

Le tableau de bord du Coleen est connecté à son smartphone via une appli
Le tableau de bord du Coleen est connecté à son smartphone via une appli © Coleen

L'appli sert aussi à gérer ses itinéraires avec un GPS, programmer l'éclairage avant et arrière (on, off ou automatique) et à communiquer avec l'écran du vélo sur lequel s'afficheront les SMS et les appels entrants. Cet écran de 3,2 pouces extrêmement lumineux préviendra si le téléphone doit être rechargé. Un prise USB placée sur le côté permettra de le faire.

Les plus...

Le "plus" de ce vélo sont nombreux. En plus de son design à la fois élégant et sportif, de ses éléments fait main, il est souple à piloter et ne demande presque aucun effort tant son moteur est évolué. Le passage des vitesses ne demande aucune formation, une simple poussée permet de les monter et les descendre.

... et les moins

Deux regrets pourtant. D'abord la batterie qui est amovible mais pas directement rechargeable. Autre "moins", l'absence de suspensions. Rouler sur une route plane est un plaisir, mais passer sur les pavés ou sur un dos d'âne, un nid de poule est un calvaire. Ceci dit, ces dispositifs risqueraient d'alourdir le vélo de quelques kilos. Autant opter pour une selle à ressorts.

Reste le prix (à partir de 6860 euros, beaucoup plus avec les accessoires)... Beaucoup voient ce tarif comme un défaut. Mais, Coleen n'est pas un simple vélo haut de gamme, c'est un vélo de luxe, un objet de collection. Il est comparable à une Aston Martin dans les voitures, ou à Brough Superior dans les motos.

Cette appartenance au monde du luxe se constate dès la commande en ligne. Après avoir indiqué le modèle que l'on souahite, un membre de l'équipe appelle le client pour configurer son vélo, le personnaliser et l'équiper d'accessoires tout aussi made in France, comme ce panier en osier tressé à la main.

Pascal Samama et Chloé Baïze