BFM Auto

Diesel ou essence: quelles voitures seraient concernées par le nouveau malus?

Avec le nouveau barème, la Clio, meilleure vente du moment, verrait par exemple son moteur essence le moins émetteur de CO2 touché par un malus, pas le diesel.

Avec le nouveau barème, la Clio, meilleure vente du moment, verrait par exemple son moteur essence le moins émetteur de CO2 touché par un malus, pas le diesel. - Renault

Le seuil du malus pourrait prochainement être abaissé de 127 à 95 grammes de CO2/km. Avec ce nouveau barème et en prenant le top 10 des ventes en France au premier semestre, tous les plus petits moteurs essence seraient concernés alors que 6 moteurs diesel sur 10 échapperaient à la pénalité.

Avec une France en route vers la fin des moteurs thermiques en 2040, le gouvernement planche actuellement sur un renforcement du dispositif de malus écologique. Le seuil qui déclenche le paiement d'un malus pourrait ainsi être abaissé à 95 grammes de CO2/km dès 2018, écrit Le Parisien. Une information démentie par une source du ministère de la Transition écologique et solidaire. "Les hypothèses envisagées sur le malus sont éloignées de ce qu'indique le Parisien, sur les seuils ou les montants", souligne-t-elle, précisant que des annonces seront faites en septembre.

Actuellement, cette pénalité touche les moteurs diesel et essence émettant au moins 127 g de CO2/km. A ce niveau, il faut ajouter 50 euros au prix du véhicule, un montant qui progresse gramme par gramme jusqu'au plafond de 10.000 euros qui concerne les voitures qui rejettent au moins 191 g de CO2/km.

Si cette mesure permettrait notamment de financer le futur dispositif de prime à la conversion d'un vieux diesel vers des motorisations plus propres, on peut questionner l'influence de ce nouveau barème sur les ventes de véhicules neufs et le mix essence/diesel.

Les petits moteurs essence pénalisés

Au premier semestre 2017, si on prend les dix meilleures ventes de véhicules et les plus petits moteurs essence et diesel pour chaque modèle, aucun n'est actuellement concerné par un malus. Les émissions sont comprises entre 102 et 120 grammes pour les moteurs essence, et entre 82 et 103 grammes pour les diesel. L'occasion de rappeler qu'à puissance équivalente les moteurs essence émettent en général plus de CO2 que les diesel.

Logiquement, un abaissement du seuil de déclenchement du malus touchera donc plus durement l'essence que le diesel. Et cela se vérifie dans l'actuel top 10 des ventes 2017: en appliquant le nouveau barème, tous les modèles essence seraient touché par un malus (dont on ne connaît pas encore le montant exact) alors que 6 moteurs diesel sur 10 seraient épargnés.

Le diesel mécaniquement favorisé

Avec le contexte anti-diesel dans les grandes villes comme Paris, les ventes de cette motorisation, sur le segment des citadines notamment, ont largement baissé ces dernières années et les constructeurs ont adapté leur offre (les Citroën C1, Peugeot 108 et Renault Twingo ne sont par exemple plus proposées avec des diesel).

A contre-courant de cette tendance, ce nouveau barème pourrait donc renforcer l'intérêt du diesel face à l'essence: sur la meilleure vente du moment, la Renault Clio, le moteur essence qui émet le moins de CO2 (le 0.9 Tce 90, à 105 g/km) serait ainsi touché par un malus alors que le diesel (1.5 dCi 75, à 82 g/km) serait épargné. Sur le top 10, seuls les versions diesel des Peugeot 2008 et 3008, Renault Captur et Mégane, seraient frappées d'un malus (toujours en prenant les motorisations les moins émettrices).

Toujours pas de prise en compte des polluants

Si cette information se confirme, les émissions de CO2 (gaz à effet de serre mais pas un polluant à proprement dit) resteraient en outre l'unique étalon pour inciter ou pénaliser les achats de véhicules neufs des Français. Or, des associations de lutte contre les maladies des voies respiratoires réclament depuis longtemps un nouveau système de bonus/malus qui prendrait comme référence des polluants comme les particules ou les Nox (oxyde d'azote) et non plus uniquement le dioxyde de carbone. 

Julien Bonnet