BFM Auto

Christophe Najdovski " En semaine, pas besoin de voiture individuelle pour se déplacer dans Paris"

L'adjoint chargé aux Transports à la mairie de ParisChristophe Najdovski (à droite), au côté d'Anne Hidalgo, dans les transports en commun en avril 2014.

L'adjoint chargé aux Transports à la mairie de ParisChristophe Najdovski (à droite), au côté d'Anne Hidalgo, dans les transports en commun en avril 2014. - AFP - Bertrand Guay

Christophe Najdovski, adjoint au Maire de Paris en charge des Transports, répond à l’action collective lancée par l’association 40 Millions d’Automobilistes (40MA) et les aides mises en place par la municipalité pour promouvoir les transports propres.

Comment réagissez-vous à l’action collective lancé par l’association 40 Millions d’Automobilistes (40MA) et l’avocat Jean-Baptiste Iosca contre les mesures anti-pollution de la Mairie de Paris?

Cette association semble plus préoccupée par la moins-value à la revente de vieux véhicules que par la pollution de l’air. Or, en tant qu’élus, nous défendons l’intérêt public et nous devons nous attaquer à la pollution. C’est pourquoi nous avons pris ces mesures pour limiter la circulation des véhicules les plus polluants. Ces mesures sont de plus graduelles, elles ne s’appliquent ainsi qu’en semaine, aux heures ouvrables. Nous avons mis en place des aides aux professionnels pour acheter des véhicules propres, des pass navigo offerts pendant un an pour les Parisiens qui abandonnent leur voiture. En semaine, on n’a pas besoin de voiture individuelle pour se déplacer dans Paris.

Au contraire, est-ce que la semaine n’est justement pas le moment où les Parisiens et Franciliens ont le plus besoin de leur voiture?

Il y a aujourd’hui une question de santé publique. 90% des Parisiens sont soumis à un niveau d’émissions d’oxyde d’azote (Nox) supérieur à ceux autorisés par l’Union Européenne. 66% des émissions de Nox et 58% des émissions de particules fines proviennent du trafic routier. Notre solution est la mise en place de cette zone à circulation restreinte. On peut se déplacer en intermodalité, c’est l’avenir.

Tout le monde ne peut pas prendre les transports en commun : les artisans, les commerçants?

Les artisans ne sont pas la cible principale de notre action. La Ville de Paris a mis en place une aide qui va jusqu’à 9000 euros et s’ajoute aux aides de l’Etat, pour l’achat d’un véhicule électrique ou GNV. Cette aide est ouverte aux artisans parisiens, mais aussi de la petite couronne. Nous allons accompagner ces mesures dans le temps et travaillons avec toutes les organisations professionnelles pour assurer la transition. Par exemple, les commerçants des marchés qui ont souvent des véhicules anciens, mais dont ils se servent peu, en dehors des trajets à Rungis, bénéficieront d’un système de dérogation. L’interdiction de circuler n’interviendra pas pour eux au 1er juillet mais à une date ultérieure. Nous travaillons avec leurs représentants.

Et quelles solutions proposez-vous aux particuliers?

Les particuliers ont une palette de solutions pour circuler dans Paris. Nous avons par exemple lancé le Service de Véhicule Partagé, un nouveau service d’autopartage. Il y a aussi AutoLib. Nous travaillons actuellement avec le Syndicat des Transports d’Ile-de-France pour coupler le passe Navigo à un abonnement Autolib. Il faut passer de la voiture individuelle à la multimodalité.

Avez-vous rencontré les représentants de 40MA?

Ces personnes sont des opposants à la politique municipale, ce ne sont pas des partenaires. Nous discutons en revanche depuis des mois avec le Comité des Constructeurs Français d’Automobiles (CCFA) et l’Automobile Club de France (ACF) sur ces mesures. Il y a un effort collectif à faire pour améliorer la qualité de l’air.

Les véhicules de collection seront-ils exemptés de ces interdictions?

Nous sommes encore en discussion, mais il y aura une dérogation pour les véhicules de collection de plus de 30 ans qui disposent de la carte grise véhicules de collection. Ces véhicules sont peu nombreux et ils circulent peu.

La lutte contre la pollution ne devrait-elle pas être plutôt traitée au niveau régional, pour englober la petite couronne?

Nous travaillons avec les collectivités de la Métropole, car nous souhaitons que l’étape suivante de lutte contre la pollution se fasse à l’échelle métropolitaine. Pourquoi ne pas étendre par exemple les mesures mises en œuvre cette année à Paris dans les villes de la petite couronne dans les années à venir?

Propos recueillis par Pauline Ducamp