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Ces pays où il est interdit d'accrocher son masque au rétroviseur

Un masque suspendu au rétroviseur, nouvelle mode face à la pandémie de coronavirus.

Un masque suspendu au rétroviseur, nouvelle mode face à la pandémie de coronavirus. - Twitter

Pratique désormais courante en France, accrocher son masque à son rétroviseur peut être puni d'une amende au Luxembourg, en Suisse ou encore au Québec.

Un masque accroché au rétroviseur intérieur, c'est une scène désormais banale qu'on peut observer en France. Pratique pour l'avoir toujours à portée de main et ne pas l'oublier lorsqu'on sort de sa voiture. Mais attention si vous passez la frontière. Deux pays frontaliers, le Luxembourg et la Suisse, sanctionnent en effet cette pratique. Le masque gênerait la visibilité du conducteur sur la route, augmentant le risque d'accident.

49 euros d'amende au Luxembourg

Au Luxembourg, vous pouvez ainsi écoper d'une amende de 49 euros. "Aucun objet étranger à l’équipement normal du véhicule ne doit gêner la vue du conducteur, ni se trouver dans le champ de vision de celui-ci", explique un policier au journal L'essentiel. Seule exception évoquée dans l'article, le système de navigation (boitier GPS ou smartphone sur support par exemple), "à condition que ce dispositif ne dépasse pas 20 cm de côté et qu’il soit fixé de manière stable sur le tableau de bord, au montant du pare-brise, près du conducteur ou sur le côté intérieur du pare-brise, de sorte qu’aucune partie du dispositif ne dépasse la zone autorisée".

Une infraction peu fréquente mais qui a tout de même donné lieu à "18 avertissements taxés" depuis le début de l'année, note l'article, sans préciser la part des masques impliqués dans ces affaires.

Au Luxembourg, la visibilité du pare-brise est strictement encadrée
Au Luxembourg, la visibilité du pare-brise est strictement encadrée © L'essentiel

Lourdes sanctions potentielles en Suisse

En Suisse, on peut également être sanctionné pour "tout ce qui pend au rétroviseur, obstrue la vue du conducteur et le distrait". La règle, rappelée par l'édition suisse de 20 Minutes: il faut à tout moment que le conducteur puisse voir un objet se trouvant à 12 mètres devant lui.

S'il n'y a pas de contrôles visant spécifiquement à traquer les masques accrochés au rétroviseur, la police suisse confirme que cela pourrait faire l'objet d'un signalement, avec une plainte "déposée auprès du Ministère public compétent (...) qui décidera de la sanction". Les frais de procédures peuvent faire grimper la facture à plusieurs centaines de francs suisses, note l'article qui ne précise toutefois pas le nombre d'infractions constatées. Seul exemple évoqué: un automobiliste sanctionné pour un fanion de club de football accroché à son rétroviseur en 2012: il avait écopé d'une amende de 254,50 francs suisses (235,90 euros au cours actuel).

En théorie, cette infraction expose même les conducteurs suisses commettant cette infraction à un retrait de permis. "Le rapport de police est également transmis à l’office cantonal de la circulation, qui peut décider des mesures administratives comme par exemple un retrait de permis", souligne 20 Minutes.

Au Québec, une histoire de "sent-bon dans le char"

Dans la province du Québec, au Canada, on ne plaisante pas non plus avec les objets accrochés au rétroviseur. Récemment, un automobiliste a été sermonné par un agent de police de la ville de Granby, lui rappelant qu'il était interdit d'y accrocher le traditionnel sapin parfumé et qu'il risquait une amende de 171 dollars canadiens (109 euros).

"Vous êtes en train de me dire qu’un sapin, j’ai pas le droit ? Un “sent-bon” que tous les chars quasiment ont ? [...] C’est du harcèlement, ça, monsieur!", s’est emporté l’homme qui avait initialement été intercepté pour une autre raison, comme le rappelle le Journal de Montréal, citant également les dés en "minou" et le masque chirugical comme exemples d'objets à placer à un autre endroit dans l'habitacle.

La police de Granby a tenu à réagir à cette vidéo. "Nous avons tous déjà remarqué des objets très gros sur un miroir ou des animaux sur les genoux du conducteur, pouvant tous nuire à la visibilité. Le Code de la sécurité routière a pour but d’assurer notre sécurité sur la route et celle des autres", explique un post publié sur leur compte Facebook.

"L’article 442 du Code de la sécurité routière stipule que Nul ne peut conduire un véhicule routier ou une bicyclette lorsqu’un passager, un animal ou un objet est placé de façon à obstruer la vue du conducteur ou à gêner la conduite du véhicule', ajoute le message.

Et en France?

En France, peu de risque a priori d'être sanctionné pour un objet accroché au rétroviseur. Le Code de la route encadre toutefois bien la visibilié du conducteur:

"Tout conducteur doit se tenir constamment en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manoeuvres qui lui incombent. Ses possibilités de mouvement et son champ de vision ne doivent pas être réduits par le nombre ou la position des passagers, par les objets transportés ou par l'apposition d'objets non transparents sur les vitres", indique l'article R412-6.

Un défaut de visibilité expose à une contravention de deuxième classe (amende forfaitaire de 35 euros). C'est également cet article qui expose un automobiliste en train de fumer ou de manger un sandwich à une sanction, ces actions n'étant toutefois pas interdites en soit si elles n'occasionnent pas de "comportement inapproprié et dangereux", comme nous le rappelait le ministère de l'Intérieur en 2017.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto