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Bonus, malus, supermalus, ce qui vous attend si vous achetez une voiture en 2020

A quoi ressemblera cette année le dispositif du bonus malus?

A quoi ressemblera cette année le dispositif du bonus malus? - AFP

Un bonus pour certains véhicules électriques seulement, un supermalus sur les véhicules les plus émetteurs de CO2, un malus durci, le barème 2020 du bonus-malus présente de nombreux changements.

Nouvelle année, nouveau barème du bonus-malus. Et cette année, les changements sont conséquents pour ceux qui envisagent d’acheter une voiture neuve.

  • Un bonus moins généreux

Déja réservé aux seuls véhicules électriques depuis quelques années, le bonus a été repositionné cette année par le gouvernement sur des véhicules électriques moins onéreux. Pour bénéficier en 2020 de cette prime de 6000 euros, il faudra acheter une voiture électrique neuve de moins de 45.000 euros. Au-delà, le bonus tombera à 3000 euros si la voiture coûte moins de 60.000 euros. Au-delà de ce prix plafond, les acheteurs ne pourront plus prétendre à cette aide gouvernementale.

L’enveloppe globale du bonus s’élève cette année à 400 millions d’euros, ce qui représente un montant équivalent à celui de l’an dernier selon le gouvernement. Ce dernier veut désormais cibler plus particulièrement les petits modèles, comme ceux notamment des marques françaises. La réduction du montant du bonus touchera plus particulièrement ceux de constructeurs comme le Californien Tesla ou les SUV électriques des marques allemandes comme Audi ou BMW. Cependant, un modèle français, comme le DS3 Crossback E-Tense, sera aussi concerné selon les versions par ce bonus réduit.

Le gouvernement recentre aussi l’aide sur les particuliers. Les flottes, sociétés et acheteurs institutionnels ne bénéficieront plus que d’un bonus de 3000 euros.

  • Un malus durci

Les acheteurs de voitures les plus émettrices de CO2 seront eux plus sanctionnés en 2020. Le nouveau barème du malus se déclenche plus tôt, à partir de 110 grammes de CO2 par kilomètres, contre 117 grammes en 2019. Il s’échelonne de 50 euros pour une voiture émettant 110 grammes de CO2, comme une Dacia Sandero TCe 90, à 12.500 euros pour un modèle de 172 grammes de CO2 compris, et même jusqu’à 20.000 euros pour le supermalus (voir ci-dessous).

Selon Challenges, de véritables best-sellers du marché équipés de moteur essence comme la Peugeot 308 ou la Renault Twingo vont voir le bonus fortement grimper, ce qui risque paradoxalement de redonner de l’attrait à des motorisations diesel, plus sobres en CO2, mais pointées du doigt pour d’autres polluants.

  • Une seconde grille de malus au 1er mars

Mais attention si vous souhaitez acheter une voiture l’an prochain. Le 1er mars, une seconde grille de malus viendra remplacer la première. En cause, la pleine entrée en vigueur du nouveau dispositif d’homologation WLTP. Ce dispositif prend mieux en compte les émissions et consommation des véhicules en conditions réelles de conduite. Le malus 2 se déclenchera donc à partir de 138 grammes de CO2 émis par kilomètre.

Et avec WLTP, chaque élément du véhicule compte. Une boite automatique amène un peu plus de consommation donc d’émissions, une dotation plus riche en équipements aussi, ce qui risque pour un même modèle de faire fortement varier le malus pour une même modèle selon la motorisation et la finition. Pas sûr que les clients s’y retrouvent, car selon les versions et les véhicules, il sera plus intéressant d’acquérir sa nouvelle voiture avant ou après le 1er mars.

  • L’introduction d’un supermalus

Dernière subtilité de ce bonus-malus 2020 déjà bien complexe: l’introduction d’un supermalus. Entre 173 et 183 grammes de CO2 au 1er janvier, et de 201 à 211 au 1er mars, les voitures se verront infligés un malus compris entre 12.552 et 20.000 euros. Au-delà des deux palliers, les voitures se verront sanctionnées d’un malus de 20.000 euros, quel que soit leur niveau d’émissions. Le gouvernement compte ainsi taxer les grands SUV familiaux. Il sanctionnera ici surtout certaines sportives.

Pauline Ducamp