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Avec la disparition de la C5, Citroën tire un trait sur les grandes berlines

Le dernier exemplaire de la C5 est sortie des chaines de production le 1er juin.

Le dernier exemplaire de la C5 est sortie des chaines de production le 1er juin. - Héctor - Flickr - CC

Le dernier exemplaire de la Citroën C5 est sortie le 1er juin des chaines de production. Si sa carrière se poursuivra en Chine, dans une version restylée, la grande berline ne sera pas remplacée en Europe. La fin d’un pan de l’histoire de Citroën.

Elle ne fêtera pas ses 10 ans de carrière. Le 1er juin, la dernière Citroën C5 est sortie de l’usine PSA La Janais, à côté de Rennes (Ille-et-Vilaine), signant par la même occasion la fin commerciale des suspensions hydropneumatiques, baptisées "Hydractive". La berline à coffre était en effet le dernier modèle de la gamme des chevrons à disposer de cette innovation technologique, marqueur indélébile de l’histoire de Citroën depuis les années 50.

Désamour des berlines

La C5 de seconde génération a souffert du désamour pour les grandes berlines en Europe, âprement concurrencées par les SUV et autres crossovers. Le cabinet Inovev rappelle aussi que ce segment des berlines a également été entièrement "accaparé" par les constructeurs allemands -de la BMW Série 3 à la Volkswagen Passat- au détriment des marques généralistes (Ford, Opel, Fiat, Peugeot, Citroën et Renault) qui ont vu leurs ventes s'écrouler. En 2000, ces six constructeurs ont écoulé 1,2 million de grandes berlines en Europe... contre 410.000 unités en 2013.

Entre le début de sa commercialisation, intervenue au printemps 2008 et la fin de sa carrière ce trimestre, la C5 a été produite à 430.000 exemplaires. Si l'on compte les modèles immatriculés en Chine, où la berline est vendue depuis 2010, ce sont au total 635.000 Citroën C5 qui ont pris la route un jour.

La C5 avait succédé en 2001 à la Xantia, héritière directe des grandes berlines type CX. Cette seconde génération avait été lancée en 2007.
La C5 avait succédé en 2001 à la Xantia, héritière directe des grandes berlines type CX. Cette seconde génération avait été lancée en 2007. © Citroën

Une partie de l’ADN de Citroën qui disparaît

Ce 1er juin se tourne surtout un page de l’histoire de Citroën. En 1956, Citroën lançait la DS, faisant entrer la grande berline statutaire dans son ADN, aux côtés de la 2CV, modèle beaucoup plus abordable. La DS embarquait alors la suspension hydropneumatique, invention magique du constructeur français. Et jusqu’à ce 1er juin 2017, berlines et suspensions ont évolué de concert, tantôt avec un coffre, souvent avec un hayon mais toujours en incarnant le haut de gamme à la française. Comme le rappelle Challenges, les C5 équipées des fameuses suspensions ne représentaient plus ces dernières années que 21% des ventes de la berline. 

Citroën ne s’y trompe pas cependant. Si la C5 s’arrête en Europe, elle poursuit sa carrière en Chine. Fin avril, lors du salon automobile de Shanghai, les chevrons ont présenté une version restylée de la berline. La face avant reprend des traits des actuelles C3 et consorts, et embarque des équipements distinctifs (feux à LED, écran tactile).

La marque française n’est pas non plus aveugle. Elle lance cette année en Chine, avant l’Europe, son premier vrai SUV, le C5 (tiens tiens) Aircross. Elle pourrait également donner une remplaçante à feu la C5, mais pas avant 2019, et l'idée d'une berline s'éloigne de plus en plus.

Avec la fin de la grande berline et des suspensions Hydractive, Citroën perd une grande partie de ce qui faisait sa spécificité face aux autres constructeurs. D’un ADN mêlant petite voiture abordable et luxe technologique, le constructeur français ne conserve plus que le premier pan.

Pauline Ducamp