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Avant Paris, Bordeaux expérimente déjà la fin des feux rouges

Inventé le 5 août 1914 à Cleveland, aux Etats-Unis, le feu rouge n'a plus vraiment la cote dans les centres-villes français.

Inventé le 5 août 1914 à Cleveland, aux Etats-Unis, le feu rouge n'a plus vraiment la cote dans les centres-villes français. - AFP

Avant Paris, Bordeaux a supprimé une trentaine de feux tricolores, afin de fluidifier le trafic et d’augmenter la vigilance des usagers, automobilistes comme piétons.

Le feu rouge n’a plus la cote en France. Avant Paris, qui testera dès la fin mars la suppression des feux tricolores dans un quartier du centre, Bordeaux a déjà retiré une trentaine de feux des carrefours de la métropole, rapporte ce 13 février Le Parisien. Et les raisons sont similaires à celles avancées par les élus parisiens.

Une question de sécurité

Sans feu tricolore au carrefour, la circulation est plus fluide, et les usagers de la route (automobilistes, piétons, cyclistes) plus attentifs les uns aux autres, au lieu de focaliser leur attention sur le feu. Les accidents seraient donc en baisse: ainsi, dans la ville américaine de Philadelphie, souligne le quotidien, le nombre d'accidents aurait baissé de 25% aux carrefours où les feux ont été supprimés. 

Sur les 669 carrefours bordelais avec des feux tricolores, 300 comprendraient en réalité des feux inutiles, selon les estimations des élus. Fin 2015, une étude du Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), rapportée par France Bleu Gironde, soulignait surtout que 25 des 27 carrefours les plus accidentogènes de l’agglomération comportaient des feux tricolores.

Repenser la circulation en ville

Suivant l’exemple de Nantes, qui a déjà considérablement réduit le nombre de feux, plusieurs carrefours de Bordeaux ont donc été modifiés. Les feux ont tout simplement été supprimés, dont un devant une école. Ils peuvent être remplacés par des mini-ronds-points, des panneaux cédez-le-passage ou stop, ou encore des priorités à droite.

Au total, la métropole bordelaise dispose d’un budget de 6 millions d’euros sur 5 ans pour ces transformations, qui accompagnent les nouvelles habitudes de déplacement des Bordelais depuis 10 ans. "Bien plus de gens se déplacent désormais à pied ou à vélo", note dans Le Parisien Fabrice Magnier, chef de gestion du centre de trafic de Bordeaux.

"Notre priorité aujourd’hui, c’est d’améliorer la fluidité de la circulation. Les carrefours la séquencent et créent des retenues, parfois des embouteillages", expliquait fin 2015 dans 20Minutes Michel Duchène, vice-président de Bordeaux Métropole et chargé des grands projets d’aménagements urbains. Place Gambetta par exemple, selon l’élu, "la suppression du feu au profit d’un passage protégé n’entraîne pas d’insécurité pour les piétons. Il permet d’améliorer la fluidité du trafic en évitant un possible effet accordéon".

Aujourd’hui, la France compte 30.000 carrefours à feux tricolores. Apparu le 5 août 1914 à Cleveland, aux Etats-Unis, le feu rouge est arrivé en France en 1923.
Pauline Ducamp