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Lancement du comité de soutien à Cécile Kohler, Française retenue en Iran

Ses proches ont expliqué avoir envisagé la création de ce comité de soutien après la diffusion en octobre d'une vidéo par le régime iranien, dans laquelle Cécile Kohler dit être agente de la DGSE. L'enseignante alsacienne est détenue en Iran, depuis le mois de mai.

Les proches de Cécile Kohler, détenue en Iran depuis le 7 mai, ont annoncé ce mardi à Strasbourg la création d'un comité de soutien, pour "rompre le silence" dans l'espoir de "la faire revenir parmi nous".

Mercredi, "cela fera 200 jours que notre fille, notre soeur, notre amie Cécile est détenue arbitrairement en Iran. 200 jours que nous sommes sans nouvelles et qu'elle est coupée du monde extérieur", a déclaré lors d'une conférence de presse Noémie Kohler, la soeur de l'enseignante de 38 ans.

Cécile Kohler et son compagnon Jacques Paris ont été arrêtés en mai alors qu'ils faisaient du tourisme en Iran. Avec le lancement de ce comité de soutien, ses proches veulent "empécher qu'elle tombe dans l'oubli et défendre son image", a expliqué Noémie Kohler.

"Nous nous accrochons à la chance, aussi infime soit-elle, que nos actions lui parviennent. Nous sommes persuadés que si elle apprend qu'elle est soutenue par sa famille, ses amis, ses collègues et ceux qui nous aident sans la connaître, cela pourra l'aider à tenir pendant sa détention, et à se reconstruire à son retour", a-t-elle poursuivi, en larmes. "Nous ne retrouverons ni le bonheur, ni la paix tant qu'elle ne sera pas parmi nous".

Des "otages d'Etat"

Collègue et amie de Cécile Kohler, Marine Scie a dressé le portrait d'une "femme généreuse et tolérante", qui "porte et partage les valeurs de l'école et de la République".

"Nous voudrions que cette captivité indécente ne constitue pas un simple fait divers, mais qu'elle débouche sur un mouvement de solidarité en faveur des otages, qui pourrait contribuer à la libération de nos compatriotes", a déclaré l'avocat alsacien Thierry Moser.

Ils ont expliqué avoir envisagé la création de ce comité de soutien après la diffusion en octobre d'une vidéo par le régime iranien, dans laquelle Cécile Kohler dit être agente de renseignement opérationnel à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services de renseignement français. Paris avait dénoncé une "mise en scène indigne" et évoqué pour la première fois des "otages d'Etat".

"Cette vidéo a été un choc d'une violence inouïe pour nous", a expliqué Noémie Kohler. "Les propos qu'on lui fait tenir sont grossiers, absurdes, et contraires à ce qu'elle est profondément".

Mardi, le porte-parole de l'Autorité judiciaire iranienne, Massoud Sétayechi, a déclaré que "les deux espions français arrêtés" étaient "toujours en garde à vue" et que leur "affaire" était "au stade de la décision finale". Il n'a pas fourni de date précise et n'a donné aucune indication sur un éventuel procès.

A.F avec AFP