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New York: la reconnaissance faciale dans les lycées fait polémique

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Image d'illustration - DAVID MCNEW / AFP

Les détracteurs du projet prennent pour exemple San Francisco, le berceau des nouvelles technologies qui a pourtant interdit la reconnaissance faciale par crainte de subir la surveillance permanente du gouvernement.

Aux États-Unis, l’arrivée du premier logiciel de reconnaissance faciale dans un groupe d’établissements scolaires public fait débat. Les professeurs et élèves des huit écoles du district Lockport situé dans l’est de l’Etat de New York auraient dû voir arriver cette technologie lundi prochain, le 3 juin, pour une phase de test. Le but était de s’assurer que le logiciel soit opérationnel à la rentrée de septembre. 

Mais un article du média américain BuzzFeed publié jeudi 29 mai a mis le feu aux poudres. On y apprend qu’au lieu d’acheter des ordinateurs portables à ses élèves grâce à l'enveloppe de 4,2 millions de dollars obtenue dans le cadre d'une loi visant à aider les écoles à devenir plus technologiques, le groupement d’établissements avait préféré investir dans un système de vidéo surveillance et dans la reconnaissance faciale. À ce jour, l’installation de ce fameux logiciel a coûté 1,4 million de dollars.

La "sécurité" avant tout? 

Face aux inquiétudes et aux critiques, l’établissement a expliqué que la reconnaissance faciale servirait uniquement à "informer le personnel des menaces, y compris les armes à feu ou les individus qui ont été identifiés comme non autorisés dans nos bâtiments." 

Seront recherchées toutes les personnes considérées comme des "délinquants sexuels de niveau 2 ou 3", celles qui travaillaient dans l’établissement mais qui ont été suspendues ou encore celles dont l’accès est interdit par une ordonnance judiciaire.

"À notre grande consternation, les actes de violence dans les écoles continuent de se produire dans notre pays. (…) Soyez assuré que le district scolaire de Lockport City continue à faire de la sécurité de l'école une priorité.", se justifie l’établissement dans une lettre envoyée au parents.

San Francisco fait figure d'exemple

L’entrée de la reconnaissance faciale dans le quotidien des citoyens est un sujet très controversé. À San Francisco, région où se concentrent de nombreuses entreprises technologiques comme Facebook, Google ou encore Apple, la reconnaissance faciale a tout simplement été interdite en mai dernier après un vote quasi-unanime des conseillers municipaux, motivé par des inquiétudes sur la mise en danger des libertés civiles.

"La technologie va exacerber les injustices raciales et menacer notre capacité à vivre libres de la surveillance permanente du gouvernement", indique le texte adopté le 14 mai.

Qu’une ville comme San Francisco rejette cette technologie est un argument de poids pour les détracteurs du projet. Finalement, quelques jours après la publication de l’article de BuzzFeed, le département éducation de l’Etat de New York a demandé à Lockport de retarder l’installation de la technologie dans ses établissements.

Un délai nécessaire pour "s’assurer que les données des étudiants seront protégées", a déclaré à BuzzFeed un porte-parole du département en question. Car même si Lockport assure que sa technologie ne servira qu’à chercher les personnes indésirables, elle a besoin pour cela d’analyser tous les visages. Ce qui pose des questions sur la gestion et le stockage de ces données.

En France, Nice, la ville plus vidéosurveillée du pays, est pionnière sur la question de la reconnaissance faciale. À titre expérimental, plusieurs portiques ont été installés dans le lycée Les Eucalyptus et seront mis en service à la rentrée. Le lycée Ampère à Marseille devrait faire de même. En février, Nice avait aussi expérimenté un dispositif de reconnaissance faciale dans l'espace public, à l'occasion de son carnaval annuel. 

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech