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Dans plusieurs écoles américaines, de la reconnaissance faciale pour éviter les fusillades

Des caméras seront installées dans neuf établissements.

Des caméras seront installées dans neuf établissements. - Pixabay/ PhotoMIX Company

La ville de Lockwood, au nord de l’Etat de New York, veut faire figure d’exemple dans le déploiement de solutions de surveillance au sein de ses établissements scolaires.

Aux Etats-Unis, la prévention des fusillades en milieu scolaire prend un tournant sécuritaire. La ville de Lockwood (New York) a jeté son dévolu sur un système de vidéosurveillance doté de reconnaissance faciale et de détection automatique d'armes à feu, rapporte Motherboard.

Le principe : filmer les élèves en permanence et comparer leurs visages avec ceux répertoriés dans des bases de données d'individus jugés dangereux - dont des élèves exclus de l'établissement, des employés licenciés ou encore des personnes surveillées par la police locale. En cas de correspondance avec le visage repéré par la caméra, le système envoie une alerte automatique. De quoi gagner quelques précieuses secondes dans le cas d'une intrusion non désirée sur un campus. 

La ville a reçu 4 millions de dollars pour mettre ce projet sur pied. En tout, 417 caméras seront installées dans neuf établissements scolaires, dont six écoles primaires. Pour déployer ce système, la ville a fait appel à l'entreprise canadienne SN Technologies Corp, à l'origine de la technologie Aegis. Cette plateforme de surveillance embarque à la fois des outils de reconnaissance faciale et une solution pour repérer instantanément les armes à feu sur un échantillon vidéo, dès lors que leur détenteur les expose. 

L'ACLU vent debout

Le système de surveillance est bien évidemment controversé dans la région. Son déploiement inquiète la NYCLU, la branche new-yorkaise de l'ACLU, une puissante association de défense des droits civiques aux Etats-Unis. "L'école devrait rester un endroit accueillant et propice à l'apprentissage aux yeux des élèves. Ils ne devraient pas avoir à s'inquiéter du moindre de leurs mouvements", note auprès de Motherboard l'une de leurs responsables, qui souligne également un manque de familiarisation des autorités responsables avec les questions de cybersécurité. 

Les détracteurs de cette solution font remarquer que la plupart des auteurs de fusillade sont des élèves inscrits dans l’établissement concerné, et n’ont commis aucun délit auparavant. Par ailleurs, les systèmes de reconnaissance faciale entraînés pour repérer des individus dangereux ont tendance à comprendre de sévères biais, dont des préjugés raciaux. Une étude du MIT réalisée cette année note que ces solutions se montrent imprécises dans les détections de visage de non-blancs et de femmes.

Des systèmes de surveillance similaires sont d'ores et déjà envisagés dans des établissements français. Fin juillet, un collège-lycée parisien annonçait vouloir obliger les élèves à porter un bracelet permettant de les localiser. Dès le début de l'année prochaine, deux lycées de la région Provence Alpes-Côte d’Azur, un à Nice et un à Marseille, pourraient céder aux caméras de reconnaissance faciale. L’Éducation nationale et la CNIL doivent encore donner leur feu vert. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech