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Chine: après la reconnaissance faciale, la reconnaissance de la démarche

A Pékin et Shanghai, les autorités chinoises ont commencé à déployer une solution de reconnaissance automatique de la démarche, pour venir en renfort de la reconnaissance faciale.

Pour affiner l'identification automatique des personnes présentes sur leurs enregistrements vidéo, les autorités chinoises font appel à la reconnaissance d'un nouveau signe distinctif : la démarche. Les forces de police de Pékin et Shanghai utilisent déjà cette nouvelle technologie biométrique, d’après l’agence Associated Press.

Selon le PDG de Watrix, la société à l'origine de cette technologie, la solution est en mesure d'identifier des individus dans un rayon de 50 mètres, y compris de dos ou avec le visage masqué. "L’analyse de la démarche ne peut être trompée par une simple boiterie, le fait de marcher pieds nus ou un repli sur soi, car nous analysons toutes les caractéristiques d’un corps entier", déclare-t-il ainsi auprès d'AP. Il ne précise pas de quelle manière les bases de données comprenant les démarches des personnes à identifier sont constituées. 

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- © Watrix

Près de 600 millions de caméras 

Sujet éminemment central en Chine, la question de la surveillance bénéficie progressivement d'un réseau de caméras qui promet d'être le plus sophistiqué au monde. Quelque 170 millions de caméras dotées d'intelligence artificielle ont déjà été installées, et près de 600 millions pourraient l'être d'ici à 2020.

La reconnaissance automatique de la démarche actuellement mise à l'épreuve en Chine peut fonctionner sur des caméras classiques. Toutefois, elle est incapable d'identifier des personnes en temps réel et ne peut servir qu'après coup, une fois l'enregistrement vidéo réalisé. D'après AP, cette technologie reste moins précise que la reconnaissance faciale et ne peut être utilisée qu'en complément. 

La mise en place d'une telle technologie vient renforcer la surveillance exercée sur la population chinoise. Les responsables de la sécurité de la province du Xinjiang, à l’Ouest de la Chine, sont déjà intéressés par cette solution. La région, qui comprend une importante minorité ouïghoure, est progressivement devenue un laboratoire high-tech du contrôle social.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech