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Le FBI demande à Apple de l'aider à déverrouiller un iPhone

L'iPhone XS d'Apple

L'iPhone XS d'Apple - BFMTV.COM

Les autorités américaines cherchent à recueillir des informations sur le smartphone de l’auteur d’une tuerie sur une base militaire de Floride. Le fabricant de l’iPhone ne souhaite pas créer des outils destinés à pirater ses propres appareils.

Le 6 décembre dernier, la base aéronavale de Pensacola (Floride) était le théâtre d’une fusillade d’ampleur. Un soldat saoudien en formation avait ouvert le feu contre des dizaines de militaires américains, tuant trois d’entre eux. L’homme a également trouvé la mort. Dans le cadre de son enquête, le FBI cherche désormais à analyser deux iPhone ayant appartenu au tireur. Mais les autorités sont confrontées à la protection du smartphone par mot de passe. Elles se tournent désormais vers Apple pour trouver de l’aide, comme le relate NBC News.

Dans une lettre envoyée à la firme californienne, le FBI annonce avoir l’autorisation judiciaire de fouiller les deux iPhone, mais être incapable de les déverrouiller. Selon le document, le FBI s’est fait aider d’autres agences gouvernementales ainsi que par des experts étrangers, sans succès. 

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Ces difficultés s’expliquent par le système de protection des iPhone, qui rend la plupart des techniques de piratage inefficaces. L’une des plus utilisées, baptisée “attaque par force brute”, consiste à mettre en place un logiciel chargé de tester en un temps record toutes les combinaisons existantes. Mais sur iOS, une série de mauvais mots de passe entraîne une désactivation de l’iPhone d’une minute, puis de plus en plus longue. Une protection qui rend inoffensive toute technique misant sur la rapidité. 

Le précédent San Bernardino

“Nous avons le plus grand respect pour les forces de l’ordre et avons toujours coopéré à leurs enquêtes. Lorsque le FBI nous a demandé de fournir des informations à ce sujet, nous avons fourni toutes les données dont nous disposions et nous continuerons à les aider” explique Apple dans un communiqué.

Malgré cette apparente bonne volonté, Apple ne pourra pas fournir toutes les données recherchées par les enquêteurs. La plupart des informations sensibles sont stockées directement dans une puce dédiée, intégrée à l’iPhone, dont Apple ne possède pas de clef de déchiffrement: seul le mot de passe de l’utilisateur permet d’y accéder.

Cette situation n’est pas sans rappeler le précédent conflit entre le FBI et Apple, après l’attentat de San Bernardino (Californie), qui avait fait 14 morts en 2015. Dans les mêmes circonstances, les autorités avaient sollicité le fabricant de l’iPhone pour accéder aux données contenues dans l’appareil de l’un des terroristes, un iPhone 5c. 

Face à l’impossibilité d’obtenir le mot de passe du tireur, tué par les forces de l’ordre, les autorités américaines avaient alors demandé à Apple d’inclure à iOS une “porte dérobée”, une faille volontaire dans le système de sécurisation de l’iPhone permettant de le contourner. Une demande fermement rejetée par Tim Cook, selon lequel un tel système risquerait de tomber entre de mauvaises mains et de nuir à la sécurisation de l’ensemble des iPhone. Avec une mise en avant toujours plus importante de la protection de la vie privée par Apple, il est peu probable que l’entreprise adopte une position différente en 2020.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech