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Européennes: Bruxelles accuse la Russie d’avoir propagé des fausses informations

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- - CC, Flickr (TeaMeister)

Un rapport de la Commission européenne pointe du doigt de nombreuses tentatives venant de Russie pour influencer le scrutin, en passant par les réseaux sociaux.

Près de trois semaines après les élections européennes, la Commission européenne publie un rapport sur la circulation d’informations sur le Web avant le scrutin. D’après le document, que s’est procuré le Financial Times, une "activité de désinformation continue et soutenue de la part de sources russes" a été détectée. La manœuvre aurait eu pour objectif d’influencer les électeurs et à décourager leur participation, selon le rapport.

Bruxelles avait sonné l'alarme à l'approche du scrutin de fin mai, certains responsables identifiant clairement Moscou comme chef d'orchestre potentiel de campagnes de "fake news". Les Etats membres avaient été appelés à coordonner leur veille et une forte pression a été exercée sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Ce qui avait poussé les géants de la Silicon Valley à prendre de nouvelles mesures.

Début avril, Twitter décidait de bloquer les publications sponsorisées à caractère politique. Une campagne du gouvernement, censée inciter les citoyens à aller voter, avait ainsi été censurée, avant d’être finalement autorisée.

Vers des contraintes plus restrictives?

D’après le rapport, des sources russes ont publié des fausses informations “de manière continue et soutenue” pour orienter le comportement des électeurs. Le document évoque “un large éventail de sujets”, allant du rôle des autorités européennes à la souveraineté des différents Etats, en passant par l’immigration. Est également évoqué l’incendie de Notre-Dame de Paris, utilisé pour prouver un supposé “déclin des valeurs chrétiennes et occidentales de l’Union européenne”.

Toujours selon le document relayé par le média britannique, les méthodes utilisées pour influencer les électeurs par le biais des réseaux sociaux a évolué. Les opérations massives ont laissé place à des publications plus discrètes et localisées, qu’il est plus difficile de détecter.

Malgré les récentes précautions prises par Facebook et Twitter, Bruxelles estime que les réseaux sociaux ne sont pas parvenus à contenir les publications émanant de comptes russes. Faute d’actions plus convaincantes de la part des réseaux sociaux, la Commission européenne se réserve la possibilité de mettre en place de nouvelles contraintes plus restrictives.

Raphael Grably avec AFP