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En France, plus de 250.000 "travailleurs du clic"

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- - StartUpStockPhotos/ Pixabay

Des chercheurs français ont évalué le nombre de personnes amenées à réaliser de micro-tâches en ligne, essentiellement pour améliorer les performances d'intelligences artificielles.

Amenés à devenir autonomes, les outils numériques doivent encore leur "intelligence" à des humains. Un groupe de chercheurs de Télécom ParisTech, du CNRS et de MSH Paris Saclay s'est penché sur le nombre de "travailleurs du clic" français. Ces derniers effectuent à la chaîne de petites tâches en ligne, rémunérées quelques centimes, pour arrondir leurs fins de mois.

"Souvent répétitives et peu qualifiées, [ces tâches] consistent, par exemple, à identifier ou nommer des objets sur des images, transcrire des factures, traduire des morceaux de texte, modérer des contenus (comme des vidéos), trier ou classer des photographies, répondre à des sondages en ligne", rappellent les chercheurs. Ces micro-tâches viennent nourrir les algorithmes d'intelligence artificielle, pour les aider à progresser. D'après l'étude relayée par Le Monde, plus de 250.000 Français s'adonneraient à de telles tâches.

Plus de 14.000 internautes "très actifs"

Plus précisément, les chercheurs distinguent trois groupes de "travailleurs du clic". 14.903 d'entre eux sont jugés "très actifs" en raison de leur présence hebdomadaire sur des plateformes de micro-travail; 52.337 s'adonnent à ces mêmes micro-tâches au moins une fois par mois; enfin, un troisième et très large groupe recouvre 266.126 travailleurs "occasionnels". 

"Ces estimations sont à interpréter comme des ordres de grandeur. Dans la mesure où ils dépassent le nombre des contributeurs des plates-formes plus médiatisées telles Uber ou Deliveroo, ces chiffres élevés demandent l’attention autant des pouvoirs publics que des partenaires sociaux", souligne l'étude. En France, le nombre de chauffeurs Uber est estimé à 14.000, contre 9.300 pour les livreurs à vélo de Deliveroo. 

En France, plusieurs plateformes de microtravail ont connu un essor important. Wirk, anciennement FouleFactory, reste le principal site français de tâches à très faible valeur ajoutée. L'entreprise a dû plafonner le nombre de ses "ouvriers du clic" à 50.000, après avoir croulé sous le nombre de demandes, relate l'étude. A ce site, s'ajoutent Microworkers, Ferpection ou encore Appen, la référence en la matière restant néanmoins Mechanical Turk, la site du géant Amazon. Facebook ou Google font également travailler leurs utilisateurs sans que ces derniers ne s'en rendent compte. Ainsi des "captcha", ces courtes épreuves en ligne destinées à prouver que l'on n'est pas un robot, et qui peuvent venir alimenter les algorithmes de reconnaissance automatique d'images. 

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech