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Intelligence artificielle: comment la France compte rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis

la France est l'un des pays en pointe dans la recherche en intelligence artificielle grâce à la forte tradition de recherche en mathématique

la France est l'un des pays en pointe dans la recherche en intelligence artificielle grâce à la forte tradition de recherche en mathématique - Alain Jocard - AFP

Le gouvernement engage 665 millions d'euros jusqu'en 2022 dans la recherche en intelligence artificielle. Un nouveau superordinateur entrera en fonction dès 2019 dans un laboratoire du CNRS.

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal et le secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi ont présenté à Toulouse mercredi après-midi les grandes orientations du plan intelligence artificielle qui s'appuient sur le rapport Villani qui a été présenté en mars 2018. Cédric Villani annonçait son ambition de faire de la France une championne mondial du secteur. L'objectif reste le même, mais avec un partenariat avec l'Allemagne. 

Ce plan, d'un montant total de 665 millions d'euros, prévoit 115 millions pour les coopérations, avec l'Allemagne, et 100 millions d'euros pour les "Grands défis", des programmes de recherche ciblés. "L'ambition de la France est claire, il s'agit de faire en sorte, avec l'Allemagne que l'Union européenne soit capable de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis" en matière d'intelligence artificielle, explique le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. "Emmanuel Macron a utilisé le terme de 'modèle californien' et de 'modèle chinois' en expliquant qu'on était en train de faire émerger un 'modèle européen'", a rappelé Mounir Mahjoubi dans un entretien aux Echos.

Former 500 doctorants par an

L'Etat consacrera aussi 200 millions d'euros aux "3IA", des centres interdisciplinaires appelés à devenir les vaisseaux amiraux de la recherche française en intelligence artificielle. Quatre pôles universitaires sont candidats, à Paris, Toulouse, Grenoble et Nice. Ils sauront au début du printemps 2019 si le label "3IA", et les financements qui vont avec, leur ont été accordés, précise le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Les 3IA ayant vocation à rapprocher recherche publique et privée, une centaine de millions d'euros supplémentaires viendront des entreprises. L'ensemble de ces financements permettront de former 500 doctorants par an contre environ 250 actuellement.

Enfin, une enveloppe de 115 millions d'euros permettra d'investir dans les supercalculateurs surpuissants. Le laboratoire Idris du CNRS à Saclay en région parisienne verra ainsi entrer en fonction en 2019 un nouveau superordinateur, dont une partie des capacités sera réservée à l'intelligence artificielle. La machine aura au total une capacité de calcul de 10 petaflops (soit 10 millions de milliards d'opérations par seconde).

Grâce notamment à sa forte tradition de recherche mathématique, la France est l'un des pays en pointe dans la recherche en intelligence artificielle. Plusieurs grands noms de la technologie mondiale sont en train d'installer ou de renforcer des équipes de recherche en intelligence artificielle en France, à l'image de Google, Samsung, IBM, Fujitsu, DeepMind (filiale d'Alphabet, maison mère de Google) ou Facebook.

Pascal Samama avec AFP