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Elections en Espagne: Jean-Luc Mélenchon dénonce une censure de WhatsApp envers Podemos

Jean-Luc Mélenchon le 20 mars 2019

Jean-Luc Mélenchon le 20 mars 2019 - Kenzo Tribouillard - AFP

Alors que les élections législatives approchent en Espagne, le mouvement Podemos se plaint de ne pouvoir diffuser ses messages massivement sur WhatsApp. La suppression de leur compte principal, interprétée comme de la censure, tient en réalité à une explication technique.

A cinq jours des élections législatives en Espagne, le parti de gauche radicale Podemos se voit couper l'herbe sous le pied. Son compte officiel sur WhatsApp, qui servait à diffuser des messages à ses sympathisants, a été fermé, sans avertissement aucun, s'est enquis son responsable de la communication, Juan Manuel del Olmo (connu sous le pseudo Juanma del Olmo), sur Twitter

"Le système que nous avons utilisé sur WhatsApp est identique à celui utilisé par les autres partis. Cela relève d’un comportement discriminatoire, d’une ingérence d’une entreprise dans un processus électoral et affecte en cela la qualité de notre système démocratique", évoque par ailleurs le parti dans un tweet. Le PSOE, le PP, Ciudananos et Vox, les autres partis candidats aux élections législatives espagnoles, disposent bien tous d'un compte WhatsApp, sans pour autant avoir subi le même sort que Podemos.

L’annonce a trouvé un certain écho en France, à l'heure où les réseaux sociaux sont régulièrement accusés de censure par les représentants politiques. Le court-circuitage de la boucle d'informations WhatsApp de Podemos a notamment été interprété par Jean-Luc Mélenchon comme une invitation à se délester de ses "illusions", à "se préparer" (à de nouvelles formes de censure) et à basculer vers Telegram et Signal, d’autres applications de messagerie connues pour la protection des conversations qu’elles hébergent. Podemos est déjà présent sur Telegram et en fait un usage régulier.

Une explication technique

Sur le compte officiel de Podemos, les sympathisants du mouvement venaient trouver des articles et annonces sur simple inscription. El País fait mention de plus de 50.000 abonnés à de telles notifications. Sauf que le parti politique a utilisé WhatsApp de manière inappropriée, relève El Confidencial. Le quotidien explique que Podemos a eu recours à un outil de médiation sur WhatsApp, qui permet de procéder à des publications en masse à partir de l'application standard, et non de sa version "Business". Ce qui est interdit par les conditions d'utilisation de l'application.

Le nom de l'outil utilisé est encore inconnu. El Confidencial évoque Api Wha, qui permet l'envoi d'un nombre illimité de messages sur WhatsApp, pour 50 euros par mois. "Nous appliquons les mêmes règles pour tous les utilisateurs WhatsApp dans le monde entier. Nos conditions d'utilisation sont explicites et ne permettent pas de messagerie de masse ou de programmes tiers pour automatiser les messages", a souligné WhatsApp. Le mouvement indique auprès de Publico s’être conformé à toutes les procédures pour rétablir son compte principal, sans succès.

En décembre dernier, inquiets de voir certaines de leurs publications liées à Emmanuel Macron disparaître, certains gilets jaunes avaient avancé la thèse de la "censure politique" sur Facebook. Le réseau social, qui détient par ailleurs WhatsApp, avait également défendu l'équité de ses règles de modération. 

Une désactivation temporaire d'un compte peut être effectuée par Facebook en cas d'utilisation d'un faux nom, de publication de contenus qui ne respectent pas les conditions d'utilisation du réseau ou encore d'usurpation d'identité. Aucun accord n'existe entre le gouvernement et Facebook pour étouffer les voix dissidentes, assurait-t-on par ailleurs du côté du gouvernement.

L'article sera mis à jour avec une réaction officielle de WhatsApp*.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech