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Delphine Batho veut faire disparaître les écrans publicitaires de l’espace public

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L’ancienne ministre évoque les impératifs écologiques et sanitaires pour interdire les écrans numériques de la voie publique, ainsi que dans les espaces empruntés au quotidien par les Français.

La publicité numérique et lumineuse va-t-elle disparaître de nos rues? Si la proposition de loi déposée par Delphine Batho, ancienne ministre de l'Écologie, a peu de chance d’être votée, la députée des Deux-Sèvres (et présidente de Génération écologie) souhaite interdire les écrans publicitaires dans l’espace public, décrits comme une “aberration”, une “consommation d’électricité inutile” et une “invasion”, selon un message publié ce 5 février sur Twitter. Cette interdiction concernerait l’ensemble des voies publiques, ainsi que les aéroports, gares et transports en commun. Les écrans placés en vitrine des magasins sont également visés. 

Sa proposition, "relative à l'interdiction de toute forme de publicité numérique et lumineuse dans l'espace public", a été officiellement déposée ce 11 février.

Une interdiction très large

“Ce développement de la publicité numérique et lumineuse n’est pas compatible avec les impératifs liés à l’urgence écologique, à la protection de la santé publique et à la qualité des paysages urbains” explique le document soumis à l’Assemblée nationale. “A Paris, déjà 704 écrans numériques ont été installés dans le métro. [...] 686 écrans numériques ont été installés dans les grandes gares parisiennes” rappelle le texte, qui évoque par ailleurs “plus de mille écrans numériques installés dans les vitrines des magasins”.

Toujours d’après le document, “un panneau numérique de deux mètres carrés consomme 7.000 KWH / an, ce qui équivaut à la consommation annuelle d’un foyer avec un enfant”.

“Toute publicité lumineuse, ou supportant des affiches éclairées par projection ou transparence, ou numérique est interdite en agglomération et hors agglomération, sur les voies ouvertes à la circulation publique, ainsi que dans les aéroports, gares ferroviaires et routières, stations et arrêts de transports en commun de personnes. Par dérogation aux dispositions de l’article L.581-2, cette disposition s’applique également aux publicités situées à l’intérieur d’un local lorsque leur emplacement les rend visibles depuis la voie publique” précise l’unique article de la proposition de loi, qui précise que “cette interdiction ne s’applique pas aux dispositifs destinés exclusivement aux informations d’intérêt général à caractère national ou local.”

Face à de récentes attaques contre les écrans publicitaires numériques, l’entreprise française spécialisée dans la publicité urbaine JCDecaux avait défendu leur bilan carbone. “Ces panneaux c’est déjà mieux que d’envoyer quelqu’un avec une voiture changer l’affiche” expliquait Jean-François Decaux, dirigeant de l’entreprise, à Franceinfo

Fin 2019, le député François Ruffin (La France Insoumise) transmettait une proposition de loi visant à faire interdire la publicité dans les toilettes.

https://twitter.com/GrablyR Raphaël Grably Chef de service BFM tech