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Modération des contenus haineux: Twitter devant la justice ce lundi

Modération des contenus haineux: Twitter devant la justice ce lundi

Modération des contenus haineux: Twitter devant la justice ce lundi - BFMTV.COM

Quatre associations avaient assigné Twitter en référé en mai. Elles reprochent au réseau social américain de ne pas déployer suffisamment de moyens pour la modération des contenus haineux.

Hasard du calendrier, Twitter comparaissait ce lundi devant le juge des référés à Paris. Alors que Twitter est critiqué pour avoir laissé en ligne le compte du terroriste de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), qui avait fait l’objet de nombreux signalements d’internautes, il était appelé devant la justice pour une autre affaire, datant de mai dernier.

Quatre associations - SOS Homophobie, SOS Racisme l’Union des étudiants juifs de France, J’accuse, reprochent au réseau social de ne pas déployer suffisamment de moyens pour la modération des contenus haineux. Ils l’ont assigné en référé en mai, en se fondant sur un testing réalisé par trois d’entre elles.

Elles avaient signalé 1.100 tweets contenant des mots-clés liés à des discours racistes, antisémites et anti-LGBT. Quelques jours plus tard, seulement 11% de ces messages avaient été retirés. A titre de comparaison, les associations avaient signalé des discours similaires publiés sur Facebook. Le taux de retrait avait été largement supérieur, de 67%.

Twitter consent à une médiation

Lundi, trois jours après la mort du professeur Samuel Paty, l’audience au Tribunal de Grande Instance a débuté par une minute de silence. Devant le juge des référés, Twitter, dont aucun représentant n’était présent, a accepté par la voix de son avocat une médiation avec les quatre associations.

Le juge a proposé un liste de médiateurs. Si les parties ne tombent pas d’accord dans les huit jours, il en nommera un lui-même. Une date a d’ores et déjà été fixée au 1er décembre par le juge pour une prochaine audience.

“Cette date du 1er décembre nous permettra de retourner rapidement devant le juge si la médiation n’aboutit pas. D’ici là, nous devrions faire un ou deux rendez-vous avec le médiateur”, détaille auprès de BFM Tech Noémie Madar, présidente de l’Union des étudiants juifs de France.

"Le juge nous a fait savoir qu’il souhaitait que la médiation aille vite, au vu du contexte et de l’enjeu sociétal”, ajoute Noémie Madar. Pendant la médiation, Twitter ne pourra pas éviter d’envoyer l’un de ses représentants comme il l’a fait ce lundi.

“Ça ne pourra pas être n’importe qui”, précise Noémie Madar. “La personne choisie par Twitter devra être en charge du dossier de la modération des contenus, ou en mesure de faire changer les choses. Si elle n’est pas qualifiée, nous n’hésiterons pas à retourner devant le juge le 1er décembre”. Et donc, à considérer que la médiation est un échec.

Les quatre associations demandent à Twitter de changer son processus de modération des contenus haineux pour être capable de donner une réponse dans les 24 heures, comme le fait Facebook. Elles réclament des informations précises sur les modérateurs, à savoir leur nombre, leur localisation, les langues parlées et leur formation.

https://twitter.com/Pauline_Dum Pauline Dumonteil Journaliste BFM Tech