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Les smartphones de Huawei bientôt privés du logiciel Android de Google

Les smartphones Android de Huawei pourraient perdre l’accès aux services de Google : Android et Google Play pour les applications mobiles à télécharger.

Les smartphones Android de Huawei pourraient perdre l’accès aux services de Google : Android et Google Play pour les applications mobiles à télécharger. - Nicolas Asfouri-AFP

Google, dont le logiciel Android diffusé sous licence équipe l'immense majorité des smartphones dans le monde, a commencé à suspendre ses relations avec le chinois Huawei, classé parmi les entreprises "à risque" par le gouvernement américain.

C'est une nouvelle offensive, et de taille, de l'Amérique contre Huawei. Celui-ci risque d'être pénalisé lourdement pour son développer son activité dans les smartphones dont il est devenu le numéro 2 mondial, derrière Samsung mais devant Apple. L'industriel chinois va bientôt être privé de l'accès aux technologies développées par Google dont le logiciel Android (et ses services comme la boutique d'applications mobiles en ligne Google Play) équipe la plupart des smartphones du marché à l'exception des iPhone d'Apple.

En pleines tensions commerciales avec Pékin, le président Donald Trump a interdit aux groupes américains de commercer dans les télécommunications auprès de sociétés étrangères jugées dangereuses pour la sécurité nationale, une mesure qui cible notamment Huawei, le géant chinois des télécommunications, bête noire de Washington.

Le partage de technologies banni par Washington

Cette interdiction concerne en particulier les partages de technologies. "Nous nous nous plions à ce décret et examinons ses implications", a indiqué Google dans un courriel. Les implications peuvent donc en l'espèce être importantes puisque comme tous les groupes technologiques, Google doit collaborer avec les fabricants de smartphones pour que ses systèmes soient compatibles avec les téléphones mobiles.

Google devra cesser toute collaboration avec Huawei

Ainsi, Google va devoir stopper avec Huawei les activités qui supposent un transfert de technologies comme Android, cédée moyennant une licence logicielle payant au fabricant chinois comme aux autres constructeurs de smartphones. "Pour les utilisateurs de nos services, Google Play (le magasin d'applications d'Android, ndlr) et le système de sécurité Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants", a-t-il tempéré.

Huawei aura accès à la version Open Source d'Android

Le décret présidentiel interdisant le partage de technologies, Google va toutefois devoir aller plus loin et cesser de collaborer avec Huawei. Ainsi, Google ne pourra plus offrir aux utilisateurs de Huawei que la version libre de droits et de licence (en "open source") de son logiciel Android, a expliqué une source proche du dossier. Mais cette version d'Android ne donne pas accès aux applications et services propriétés de Google, tels que la messagerie Gmail, la boutique d'applications Google Play ou encore Google Maps.

Au premier trimestre, Huawei a vendu 59,1 millions de smartphones, soit 19% de part de marché, plus que l'américain Apple mais toujours derrière le leader, le sud-coréen Samsung.

huawei ne cédera pas aux pressions de washington selon son fondateur

Le géant chinois des télécoms est prêt à affronter la pression de Washington et va réduire sa dépendance aux composants américains, a affirmé samedi 18 mai son fondateur à la presse japonaise.

"Nous y sommes préparés", a affirmé Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei, devant la presse japonaise au siège de Huawei à Shenzhen (sud). Il a assuré que son groupe allait continuer à développer ses propres composants pour réduire la dépendance du groupe aux fournisseurs étrangers. "Nous n'avons rien fait qui viole la loi", s'est défendu Ren Zhengfei, s'attendant à ce que la croissance de Huawei "ralentisse, mais seulement légèrement".

Leader mondial de la technologie 5G, Huawei reste dépendant des technologies de fournisseurs étrangers. Il achète pour environ 67 milliards de dollars de composants chaque année, dont 11 milliards auprès de fournisseurs américains, selon le quotidien économique Nikkei.

D'ordinaire discret, Ren Zhengfei, 74 ans, a dû sortir de l'ombre ces derniers mois face aux pressions croissantes subies par son entreprise. Celle-ci est soupçonnée dans certains pays d'avoir des liens potentiels avec les services de renseignement chinois. Huawei est également la cible d'une intense campagne de Washington, qui veut convaincre ses alliés de renoncer à utiliser ses équipements.

Frédéric Bergé avec AFP