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Donald Trump prêt à exclure officiellement Huawei des Etats-Unis

En février, Donald Trump tweetait qu'il souhaitait que les États-Unis remportent la bataille de la 5G et "non en bloquant les technologies plus avancées actuellement" de Huawei.

En février, Donald Trump tweetait qu'il souhaitait que les États-Unis remportent la bataille de la 5G et "non en bloquant les technologies plus avancées actuellement" de Huawei. - AFP

Le président Donald Trump est sur le point de publier mercredi un décret qui interdirait aux entreprises américaines d’utiliser des équipements de télécommunication fabriqués par le chinois Huawei.

Le bannissement définitif de Huawei des Etats-Unis ne tient qu'à un décret que le président américain pourrait signer ce mercredi, selon Reuters. Ce texte ne cite pas nommément l'entreprise chinoise accusée par Washington d'espionnage pour le compte de Pékin. Il ne ferait même pas allusion à la Chine pour ne pas attiser les tensions économiques déjà vives entre les deux pays.

Ce décret va donner aux services du secrétariat d'Etat au Commerce le pouvoir d'exclure des entreprises étrangères du territoire américain si les technologies qu'elles vendent constituent une menace pour la sécurité du pays. Chaque dossier sera examiné par l'administration américaine. Le cas Huawei pourrait ainsi être bouclé en interdisant aux entreprises américaines d’utiliser ses équipements de télécommunication. Cela concernerait aussi bien les infrastructures télécoms, notamment la 5G, que les smartphones du fabricant chinois.

La pression monte au Royaume-Uni

Pour David Wang, dirigeant de la branche télécoms de Huawei, l'éviction de sa société du marché américain n'aura pas de grosses conséquences. "Nous sommes une entreprise avec des opérations mondiales. Donc, même avec les fluctuations dans tous les pays, nous pourrons toujours avoir des opérations stables", a récemment déclaré le dirigeant. Mais la décision américaine pourrait avoir des conséquences en Europe en donnant des arguments à ceux qui s'inquiètent des liens entre Huawei et le gouvernement chinois.

Ce mardi, dans un entretien à la BBC, Tim Watkins, vice-président de la société en Europe de l’Ouest, réfute les accusations. Il rappelle que dans de nombreux pays, des lois imposent aux entreprises de collaborer avec les autorités dans certains cas bien définis. Il ajoute néanmoins qu'il "n’y a aucune obligation de [notre] part de coopérer avec le gouvernement de la manière dont l’indiquent les Américains". Il avance que dans la législation de cybersécurité chinoise votée en 2017, rien n'impose "de transmettre des données sur les clients et des renseignements que nous ne souhaitons pas transmettre ou que nous considérons comme des informations sensibles".

Le dirigeant européen assure que si Pékin exigeait cela, Huawei refuserait et rappelle que le fondateur du groupe, Ren Zhengfei, aurait menacé de "fermer l’entreprise" si les demandes du gouvernement chinois contrevenaient aux législations des pays de ses clients. Ce mardi, lors d'une conférence de presse à Londres, Liang Hua, président de Huawei, a aussi assuré que son groupe était prêt à signer "des accords de 'non espionnage' avec les gouvernements", en s'engageant à ce que ses "équipements respectent les normes en matière de non espionnage".

Fin 2019, Ren Zhengfei semblait craindre des fortes difficultés. Dans un courrier, il prévenait ses cadres que l'avenir du groupe pourrait s'assombrir. "Nous devons nous préparer aux moments difficiles", a-t-il annonçait-il en ajoutant que le personnel pourrait faire les frais de la fermeture de plusieurs marchés. Présent dans 170 pays, Huawei emploie 180.000 salariés dans le monde.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco