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Grand débat national: la foire du web, entre sites sérieux et parodiques

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Des internautes ont acheté des noms de domaines semblables à celui créé par le gouvernement pour le grand débat national, afin de railler la démarche présidentielle.

Depuis le 21 janvier, les Français qui souhaitent participer au grand débat national peuvent faire part de leurs doléances sur un site Internet dédié. Mais seulement quelques jours après le coup d’envoi de cette vaste consultation, plusieurs sites parodiques ont fleuri sur le web. Il semblerait que les équipes numériques de l’Élysée n’aient pas pensé à déposer les noms voisins du domaine officiel.

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Ainsi, si les internautes ne tapent pas correctement "granddebat.fr", ils pourraient facilement tomber sur "grandébat.fr", un site qui renvoie vers une vidéo pornographique, ou encore sur "grandebat.fr", qui se moque d’Emmanuel Macron avec un texte en page d’accueil, dans lequel il est écrit:

“Mes chers compatriotes, lors d’une récente visite à Auxerre, tandis que (...) j’apercevais sur un rond-point le spectacle désolant de cinq gilets jaunes avinés (...), l’idée de l’organisation d’un Grand Débat National m’a traversé l’esprit dans un éclair de génie."

Par ailleurs, si un internaute tape "grandebatnational.fr", il aboutit sur une page qui l'invite à participer “au grand ébat national”. En dessous d’un téléphone rose, un message est écrit à l’attention du visiteur: “Appelle Manu et envoie tes doléances au 01.42.92.81.00”, qui n’est autre que le numéro du standard de l’Elysée.

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"Le typosquatting"

L’objectif de ces sites est de parier sur le fait que les internautes fassent une erreur en tapant l’URL dans leur navigateur. Comme le rappelle Le Figaro, ce type d’arnaque porte d’ailleurs un nom: il s’agit de “typosquattage”, ou “typosquatting” en anglais. C’est une technique proche de la contrefaçon, mais sur Internet. Elle est d’ailleurs souvent utilisée pour attirer un large trafic sur un site, qui peut rapporter de l'argent grâce à la publicité en ligne.

Au-delà de ces sites parodiques, des gilets jaunes ont aussi lancé leur propre plateforme. Présentée en direct dans une vidéo Facebook, cette interface aura pour but de “collecter les revendications”. La plateforme a ironiquement été appelée “le vrai débat”. Conçue sur le même modèle que celle du gouvernement, elle se veut “participative” et devrait être en ligne en fin de semaine.

Valentine Arama