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L’acquisition d’Activision par Microsoft dans le viseur de l’autorité américaine de la concurrence

La Commission fédérale du commerce américaine (FTC) devrait engager une procédure judiciaire anti-monopole à l’encontre de Microsoft, dans le cadre du rachat de l’éditeur Activision Blizzard.

Le plus gros rachat de l’histoire du jeu vidéo serait-il sur le point de capoter? Selon des informations de Politico, l’acquisition par Microsoft de l'éditeur Activision Blizzard serait dans le collimateur de la Commission fédérale du commerce aux Etats-Unis (FTC). Trois personnes proches du dossier affirment que l’autorité de la concurrence américaine souhaiterait engager une procédure judiciaire anti-monopole.

Une opération attaquée depuis des mois

Cette action aurait pour but de vérifier dans le détail que la nouvelle entité, formée après le mariage des deux groupes, n’occupe pas une place trop importante dans le secteur vidéoludique. D’un côté, Microsoft s’affiche comme un géant de l’informatique et un poids lourd du jeu vidéo puisqu’il fabrique les consoles Xbox. De l’autre, le groupe Activision Blizzard est l’un des plus grands éditeurs du domaine, notamment grâce à la franchise Call of Duty ou le jeu mobile Candy Crush.

Attaqué depuis des mois par son principal concurrent Sony, qui commercialise les PlayStation, Microsoft n’a pourtant eu de cesse de montrer patte blanche. Les deux rivaux s’écharpent principalement autour de la célèbre série de jeux de tir Call of Duty.

En mettant la main sur la fameuse licence, Microsoft a la possibilité de priver l’écosystème PlayStation de ces jeux en les rendant exclusifs à ses modèles Xbox. Cette stratégie n’est pourtant pas à l’ordre du jour. A plusieurs reprises depuis l’annonce du rachat en janvier, le groupe américain a assuré que les titres Call of Duty resteraient disponibles sur les consoles de son concurrent japonais "au moins quelques années", selon les mots de Phil Spencer, le patron de Xbox.

"Sceptiques" face aux arguments

A travers le monde, le rapprochement de Microsoft et Activision Blizzard est étudié au cas par cas. Ainsi, chaque pays, ou ensemble de pays, peut décider de demander des précisions à Microsoft ou sonder la concurrence. Le Brésil a validé le rachat début octobre tandis qu’en Europe, une enquête a été ouverte pour scruter l’opération.

Pour ce qui est de la FTC, l’action judiciaire n’est pas encore actée. Le dépôt de plainte n’a pas encore été voté en interne, ont indiqué à Politico deux des quatre commissaires de l’autorité américaine de la concurrence.

L’enquête classique du régulateur est toujours en cours, bien qu’une grande partie soit déjà effectuée. Les dépositions du directeur général de Microsoft, Satya Nadella, et du directeur d’Activision, Bobby Kotick, ont déjà été étudiées. Les sources de Politico ont indiqué au média "être sceptiques" quant aux arguments avancés. Mais si une action judiciaire est enclenchée, elle pourrait se faire dès le mois prochain.

Pierre Monnier