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A 14 ans, cette youtubeuse est la nouvelle idole de l'extrême droite américaine

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La jeune américaine, dont la première vidéo remonte à 2016, compte près de 900.000 abonnés sur sa chaîne. Elle est rapidement devenue une figure de proue de l'alt-right.

L'extrême-droite américaine tient sa nouvelle étoile montante. Avec près de 900.000 abonnés sur YouTube pour 17 millions de vues, "Soph", 14 ans, s'est imposée auprès des partisans de l'alt-right pour ses propos islamophobes, sexistes ou racistes, a repéré BuzzFeed News

Par ses longs monologues, Soph a pris l'habitude d'aborder un large panel de sujets clivants. Une vidéo dans laquelle elle se moque des musulmans, vêtue d'un tchador noir, a été vue plus de 250.000 fois. "Je suis régulièrement violée par mon mari de 40 ans (…) mais au moins je peux aller à San Francisco pour lapider des gays", maintient la jeune youtubeuse, caricaturant une femme musulmane. Le contenu a depuis été supprimé de la plateforme.

Parmi ses thèmes de prédilection, les musulmans, les armes à feu, les maux attribuables au milliardaire George Soros, ou encore des propos masculinistes. Dans l'une de ses vidéos, Soph assimile ainsi les femmes à des manipulatrices venant entraver la liberté des hommes, à la manière des théories développées par le très controversé Jordan Peterson. L'adolescente a également soutenu une jeune Afro-Américaine partisane du Ku Klux Klan. Elle s'identifie tour à tour comme "de droite" ou "anarcho-capitaliste".

"Be not afraid", l'une des vidéos les plus populaires de Soph, a été supprimée de YouTube.
"Be not afraid", l'une des vidéos les plus populaires de Soph, a été supprimée de YouTube. © YouTube/ Soph

Les failles de YouTube

Loin de rappeler uniquement la popularité des contenus islamophobes, sexistes et racistes sur YouTube, le cas de la jeune youtubeuse vient souligner plusieurs failles de la plateforme. Soph a pu créer sa chaîne alors même que YouTube ne le permet pas. Sa première vidéo remonte à 2016, alors même qu'elle n'avait que 11 ans. Or, les conditions d'utilisation de la plateforme mentionnent un âge minimum de 13 ans. 

YouTube est bien conscient de la présence de très jeunes internautes sur sa plateforme. Début mars, pour les protéger de majeurs laissant des commentaires à caractère pédophile, la plateforme a annoncé désactiver tous les commentaires sous des vidéos mettant en scène des enfants. La youtubeuse Soph a fait les frais de cette politique, les commentaires ayant été désactivés sur ses propres contenus. 

Soph a dès lors mis en ligne une vidéo de douze minutes destinée à Susan Wojcicki, PDG de YouTube. "Je viens d'appeler un Uber. Vous avez environ sept minutes pour rédiger un testament. ... Je viens pour vous, et ce ne sera pas joli", indiquait-elle, par des propos qui s'apparentaient explicitement à des menaces de mort. Cette vidéo a également été supprimée par YouTube.

"Je me demande pourquoi les gens s’inquiètent de ce que je dis plutôt que de s’inquiéter du fait que des parents laissent leurs enfants me regarder", s'interrogeait également l'adolescente, mettant le doigt sur un autre problème de YouTube: sa responsabilité vis-à-vis de tels contenus, et de leur visionnage par des mineurs. Un contexte qui va encore donner du fil à retordre à la filiale de Google.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech