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Coronavirus: les fake news auraient déjà causé des centaines de décès

De nombreuses théories vantent l'existence de remèdes miracle, mais dangereux, contre le coronavirus.

De nombreuses théories vantent l'existence de remèdes miracle, mais dangereux, contre le coronavirus. - Tolga Akmen

Une étude américaine évalue à près de 800 le nombre de décès liés à de fausses informations concernant le Covid-19 relayées sur les réseaux sociaux sur les seuls trois premiers mois de l'année.

Elles peuvent être prises à la légère mais ont des conséquences bien concrètes, et parfois dramatiques. Les fausses informations à propos du coronavirus et des remèdes miracle pour s'en prémunir ont fait florès ces derniers mois, au fil de la propagation de l'épidémie. Une étude américaine est venue évaluer le nombre de personnes admises à l'hôpital en raison de ces fausses informations, et le nombre de décès qu'elles auraient pu causer.

Ses résultats, publiés dans l'American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, concluent à l'admission à l'hôpital de 5800 personnes à la suite de fausses informations consultées en ligne, pour près de 800 morts. Beaucoup ont en l'occurrence succombé à l'ingestion de produits désinfectants, perçus à tort comme des remèdes contre le virus. Une soixantaine de personnes sont par ailleurs devenues aveugles après avoir bu du méthanol, également présenté comme un "médicament" miracle.

"Un mythe populaire selon lequel la consommation d’alcool hautement concentré pourrait désinfecter le corps et tuer le virus circulait à travers le monde", relatent notamment les auteurs de l'étude. Au Qatar, deux Asiatiques en parfaite santé ont notamment ingurgité du désinfectant, pris de peur après avoir été en contact avec des personnes positives.

2311 fausses théories

En tout, les infectiologues à l'origine de cette publication dénombrent à près de 2311 les thèses de désinformation ayant circulé à propos de la pandémie. Ils indiquent, pour être parvenus à ce résultat, avoir scruté les plus grands réseaux sociaux dans 25 langues et 87 pays différents, entre janvier et avril. Ces mêmes allégations portaient sur la maladie, la transmission et la mortalité (24 %), les mesures de contrôle (21 %), le traitement et la guérison (19 %), la cause et l’origine de la maladie (15 %) ainsi que des sujets cette fois-ci plus anodins (21 %).

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a précédemment déclaré que "l'infodémie" entourant Covid-19 se propageait aussi rapidement que le virus lui-même, estimant que les théories du complot et rumeurs très partagées en ligne contribuaient toutes soit à des décès soit à des dommages corporels.

Un travail de fond a été entrepris par les réseaux sociaux les plus populaires, Facebook et Twitter en tête, pour limiter la propagation de telles informations. Au cours du mois de mars, Facebook affirme avoir supprimé des "centaines de milliers" de contenus liés au Covid-19, sans donner d'estimation chiffrée plus précise.

Ces mêmes contenus renvoyaient par exemple à "des affirmations selon lesquelles l’eau de Javel permettrait de guérir du virus, ou encore des théories selon lesquelles les jeunes sont immunisés contre le Covid-19", notait l'entreprise à l'époque. Google a pour sa part mis en place une "alerte SOS", pour rendre les informations vérifiées plus facilement visibles et accessibles.

https://twitter.com/Elsa_Trujillo_?s=09 Elsa Trujillo Journaliste BFM Tech