BFM Business

5G: les ONG dénoncent un renoncement de Macron sur la Convention climat

Emmanuel Macron a défendu le déploiement des réseaux 5G sur le territoire français lors d'un discours devant les acteurs de la French Tech

Emmanuel Macron a défendu le déploiement des réseaux 5G sur le territoire français lors d'un discours devant les acteurs de la French Tech - CHARLES PLATIAU / POOL

Les ONG environnementales ont fustigé mardi les propos d'Emmanuel Macron renvoyant les interrogations sur la 5G aux "Amish", rappelant que la Convention citoyenne sur le climat voulue par le Président avait proposé un moratoire sur le déploiement de cette technologie.

"Oui, la France va prendre le tournant de la 5G", a lancé lundi Emmanuel Macron devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préfèreraient "le modèle Amish" et le "retour à la lampe à huile", au lendemain de la demande de moratoire de 70 élus de gauche et écologistes.

Les ONG environnementales ont perçu cette pique d'un très mauvais œil. Elle rappellent que la Convention citoyenne sur le climat voulue par le Président comprenait un moratoire sur le déploiement de cette technologie.

Le moratoire sur la 5G n'émane pas des Amish (qu'on les laisse tranquilles), mais des Française-es tirées au sort pour la Convention citoyenne pour le climat que Macron a lui-même mise en place. Mais apparemment, il n'y croyait pas non plus, a notamment tweeté Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace.

"Ce débat est celui du monde de demain. La technologie n'est pas en soi bonne ou mauvaise. Elle doit être interrogée, tout comme (le fait de) choisir où affecter prioritairement les investissements. Ca évite de sauter sur sa chaise comme un cabri en disant Innovation innovation innovation" pour Cécile Duflot (sur Twitter), ancienne ministre aujourd'hui directrice générale d'Oxfam France.

Ni adopter le modèle Amish, ni revenir à la bougie

"Le président de la République tombe le masque. Emmanuel Macron vient de lancer la saison 2 de "l'environnement, ça commence à bien faire", mauvais remake d'une série déjà indigeste", dénoncent dans un communiqué Agir pour l'environnement et Priartem-Electrosensibles de France, exigeant "un véritable débat public".

"Et hop, une proposition de plus de la convention citoyenne pour le climat repoussée par l'exécutif. Avec caricature en plus: un moratoire sur la 5G en attendant d'en mesurer les effets, ce n'est pourtant pas adopter le modèle Amish ni revenir à la bougie...", a tweeté Raphaël Pradeau, porte-parole d'Attac.

En recevant fin juin, à l'Elysée, les membres de la Convention citoyenne pour le climat, M. Macron avait indiqué retenir l'ensemble de leurs 149 propositions, à l'exception de trois d'entre elles qu'il avait listées, sans citer la 5G.

Un rapport attendu pour 2021

Les 150 citoyens tirés au sort proposaient notamment d'"accompagner l'évolution du numérique pour réduire ses impacts environnementaux" et demandait "un moratoire sur la mise en place de la 5G en attendant les résultats de l'évaluation de la 5G sur la santé et le climat".

L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) doit rendre un rapport sur ce sujet en 2021.

Mais la secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, avait quelques jours plus tard annoncé que les enchères pour attribuer les premières fréquences, prévues en septembre, seraient bien lancées, fermant ainsi la porte à cette demande de moratoire.

E.T. avec AFP