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Rénovation Et Travaux

Avec 750.000 rénovations en 2021, les objectifs du gouvernement ont été dépassés

Grâce aux 3 milliards d'aides à la rénovation octroyés par l'Etat, le nombre de rénovations a été 3 fois plus élevé par rapport à 2020, notamment grâce à MaPrimeRénov' avec 644.000 rénovations en 2021.

Le grand mouvement de rénovation des logements semble enfin en marche. L'Anah, l'agence nationale de l'habitat a publié hier son bilan 2021. Jamais les Français n'avaient été aussi nombreux à rénover leurs logements. Et jamais l'Agence nationale de l'habitat ne les y avait autant aidé.

Au total, ce sont 750.000 logements rénovés en l'espace d'une année, soit 3 fois plus qu'en 2020. Des rénovations portées par les 3 milliards d'euros d'aides du gouvernement, dont 2 milliards pour le seul dispositif MaPrimeRénov'.

Les rénovations au titre de MaPrimeRénov' sont ainsi passées de 141.000 en 2020 à 644.000 en 2021. Pour rappel, le gouvernement s'était fixé un objectif de 600.000 rénovations pour l'année. L'objectif pour 2022 est de dépasser les 800.000 rénovations au total et pour atteindre ce cap, le gouvernement compte s'appuyer sur son nouveau service public France Rénov'.

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Le rôle déterminant de l'Anah

La rénovation des logements décolle enfin et l'aide de l'Anah est visiblement déterminante dans la concrétisation des chantiers. L'an passé, elle a généré plus de 8 milliards d'euros de travaux qui ont bénéficié en priorité aux ménages les plus modestes. "C'est la première fois qu'on a une augmentation de cette ampleur", s'est félicitée auprès de l'AFP la directrice générale de l'Anah, Valérie Mancret-Taylor.

Les dépenses engagées par l'Anah ont logiquement bondi, passant de 1,42 milliard d'euros en 2020 à 3,11 milliards, dont 1,44 milliard au titre du plan de relance.

Une action déterminante parce que l'Anah, qui a sondé les bénéficiaires, révèle que 66% d'entre eux n'auraient pas réalisé ces travaux s'ils n'avaient pas bénéficié de MaPrimeRénov'. Au global, malgré les quelques retards à l'allumage, près de 90% des bénéficiaires se disent satisfait.

"L’Anah a su montrer qu’elle était au rendez-vous des enjeux de la rénovation de l’habitat privé dans toutes ses composantes et des défis du 21ème siècle. Les chiffres 2021 témoignent de cette capacité à mettre en œuvre les politiques ambitieuses portées par le gouvernement. La politique de rénovation énergétique va continuer à se structurer en 2022 autour de France Rénov’ pour simplifier le parcours des ménages et massifier les rénovations les plus ambitieuses en lien avec les collectivités territoriales. C’est ainsi que nous pourrons diminuer les factures énergétiques des Français, augmenter leur confort et limiter nos émissions de gaz à effet de serre", explique Emmanuelle Wargon, Ministre déléguée en charge du Logement.

Encore insuffisant pour les passoires thermiques

Derrière tout ces chiffres extrêmement encourageants, une réalité. Tout cela semble, à ce jour, encore insuffisant pour éradiquer les passoires thermiques. Car il s'agit du véritable enjeu pour ces rénovations. Mais on constate qu'on n'en prend pas encore complètement le chemin.

D'abord sur le montant des travaux engagés. Pour sortir un logement de l'état de passoire thermique, il faut débourser en moyenne entre 40.000 et 60.000 euros. Or, le montant moyen de l'aide de l'Anah par logement rénové est très loin du compte avec moins de 3.200 euros de prime.

Ensuite dans le choix des travaux. Là aussi, ce ne sont pas forcément les plus efficaces qui sont réalisés par les particuliers. Les aides ont essentiellement servi à changer les systèmes de chauffage: 70% des travaux aidés plutôt qu'à revoir l'isolation, pourtant souvent plus efficace, qui ne représente que 26% des rénovations.

Enfin, et surtout, les propriétaires bailleurs restent encore nettement minoritaires, à l'origine de moins de 2% des logements rénovés grâce à MaprimeRénov' contre plus de 98% de propriétaires occupants. Certes, ils n'ont eu accès au dispositif qu'au milieu de l'année dernière, mais pour eux il y a urgence. Rappelons que dans 3 ans les passoires thermiques seront progressivement interdites à la location, ce qui oblige les bailleurs à vendre, retirer leur bien de la location ou les rénover.

Marie Coeurderoy avec AFP