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"La clientèle britannique était le maillon fort": à Calais, l'inquiétude des commerçants après le Brexit

Dans le Calaisis, les commerces redoutent de voir le nombre de leurs clients anglais diminuer avec l'entrée en vigueur de réglementations de circulation plus strictes.

Après quatre ans et demi de négociations, le Brexit est entré en vigueur le 1er janvier 2021. La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne aura des conséquences jusque sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais, où les commerçants redoutent aujourd'hui des conséquences économiques néfastes.

"La clientèle britannique était le maillon fort du magasin, maintenant on peut dire que c'est le maillon faible", témoigne ainsi au micro de BFMTV Olivier Versmisse, gérant d'une boutique de vin à Frethun, à quelques pas du port de Calais.

Son commerce devrait en effet être directement impacté par le Brexit puisque les nouvelles réglementations limitent à 24 le nombre de bouteilles de vin qu'un Britannique peut désormais ramener avec lui outre-Manche. Avant la sortie du Royaume-Uni de l'UE, les Anglais pouvaient chacun emporter chez eux jusqu'à 120 bouteilles, soit 90 litres.

"L'Anglais, quand il vient nous rendre visite, il faut imaginer qu'il vient une fois, deux fois par an. Il faut rentabiliser le voyage, donc quand il repartait, jusqu'à présent, il repartait souvent avec pas loin de 500, 600 euros de marchandise", détaille le gérant du magasin de vin, qui craint de perdre une part importante de sa clientèle.

Les Anglais "représentent jusqu'à 25 % du chiffre d'affaires en restauration"

Restaurateurs, cafetiers et hôtelliers, déjà durement éprouvés par la fermeture de leurs établissements en raison de la crise sanitaire, redoutent eux aussi la désertion des touristes britanniques.

"Dans le tissu économique, l'Anglais sur le Calaisis est très important, explique Hervé Lefebvre, président de l'Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie (UMIH). Ils représentent jusqu'à 25 % du chiffre d'affaires en restauration, et ça peut aller au-delà dans l'hôtellerie."

Le président de l'UMIH du Calaisis juge que si les touristes britanniques renoncent à voyager en France en raison de nouvelles règles de déplacement trop contraignantes, "c'est l'emploi, directement, qui sera concerné, malheureusement".

Pour faire face à ces turbulences venues d'outre-Manche, la maire de Calais Natacha Bouchart a demandé l'instauration d'une zone de duty free. Une solution pour que la ville ne perde pas son attractivité touristique.

Pauline Delevoye et Adrien Portron avec Juliette Mitoyen