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Violences faites aux femmes: des taxis accusent Macron d'avoir fait la "com" d'Uber

Un syndicat de chauffeurs de taxi s'est indigné jeudi des propos d'Emmanuel Macron qui a cité Uber dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux

Un syndicat de chauffeurs de taxi s'est indigné jeudi des propos d'Emmanuel Macron qui a cité Uber dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux - Lionel Bonaventure - AFP

Mercredi, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a salué ces "entreprises privées comme Uber qui sont prêtes à vous offrir des courses gratuites"

Un syndicat de chauffeurs de taxi s'est indigné jeudi des propos d'Emmanuel Macron qui, à l'occasion de la Journée mondiale contre l'élimination des violences faites aux femmes mercredi, a cité Uber en exemple pour son offre de courses gratuites réservées aux femmes.

"Que les plus hautes personnalités de la République relaient le coup de communication de la multinationale américaine interroge", a dénoncé le Syndicat des sociétés coopératives de chauffeurs de taxi de la région parisienne (CSSCTP).

Mercredi, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a salué en s'adressant aux femmes ces "entreprises privées comme Uber qui sont prêtes à vous offrir des courses gratuites".

La société a en effet promis d'offrir "2.000 trajets gratuits" aux femmes à l'occasion de la journée du 25 novembre.

Pour le CSSCTP, il ne s'agit que d'un "coup de com'" d'Uber, société de véhicules avec chauffeurs (VTC) qui "cherche à redorer son blason" après des accusations d'agressions sexuelles portées contre ses chauffeurs et "relayées par le hashtag #UberCestOver".

En décembre 2019, la société américaine avait été convoquée par Marlène Schiappa, à l'époque secrétaire d'État chargée de l'Égalité femmes-hommes, après plusieurs scandales de viols et d'agressions sexuelles touchant certains de ses chauffeurs.

Renforcer la sécurité des passagers

La plateforme avait promis de nouvelles mesures pour lutter contre les agressions sexuelles et mieux accompagner les victimes.

"La République n'est pas impartiale lorsque son président loue la participation suspecte d'Uber au nécessaire combat contre les violences faites aux femmes", a critiqué le syndicat de taxis dans un communiqué.

Jeudi, le gouvernement a annoncé la signature d'une charte avec plusieurs plateformes de VTC dont Uber (mais aucune société de taxis) "pour la protection des femmes".

Les signataires se sont engagés à "mettre en place des actions de formation initiale et continue, ainsi que de sensibilisation des chauffeurs et des salariés" au sujet des violences faites aux femmes, ainsi que des outils pour renforcer la sécurité des passagers.

"Je me réjouis que les professionnels du secteur des voitures de transport avec chauffeur s'associent à cette démarche de manière concrète", a salué la ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno, dans un communiqué.
PS avec AFP