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Vaccins anti-covid: Europe/Etats-Unis, la guerre des chiffres

Une femme tient un flacon de la firme allemande Schott destiné à contenir un vaccin contre le coronavirus à Mayence (Allemagne) le 20 novembre 2020

Une femme tient un flacon de la firme allemande Schott destiné à contenir un vaccin contre le coronavirus à Mayence (Allemagne) le 20 novembre 2020 - Daniel ROLAND © 2019 AFP

A ce petit jeu, les Etats-Unis ont démontré toute leur puissance et leur réactivité face à une Europe plus lente à réagir.

Le développement rapide de vaccins pour lutter contre le covid-19 est le fruit d'une prouesse scientifique permise notamment grâce à des financements très importants.

Cette mobilisation financière passe par des accords bilatéraux ou des organisations internationales, et peut intervenir à diverses étapes du développement, soit pour soutenir la recherche, soit pour s'assurer de l'approvisionnement en vaccin via des précommandes.

A ce petit jeu, les Etats-Unis ont démontré toute leur puissance et leur réactivité face à une Europe plus lente à réagir. Le pays est en effet clairement le plus gros financeur, il s'est positionnés très tôt et a frappé très fort, via l'opération "Warp speed", qui a pour mission d'accélérer le développement des vaccins (mais aussi d'autres outils thérapeutiques), ainsi que d'assurer leur mise à disposition.

Les dépenses américaines

  • Johnson & Johnson a reçu en mars dernier plus de 450 millions de dollars, auxquels sont venus s'ajouter plus tard un autre milliard contre 100 millions de doses de vaccins.
  • Moderna a reçu presque 500 millions de dollars pour financer ses essais cliniques. Au total avec les achats de doses, la société américaine a reçu 2,5 milliards de dollars d'argent public.
  • Autre biotech américaine dans la course, Novavax, a reçu un financement de 1,6 milliard de dollars, contre 100 millions de doses.
  • Pfizer et BioNtech ont bénéficié de quasiment 2 milliards de dollars pour 100 millions de doses.
  • AstraZeneca et l'université d'Oxford ne sont pas en reste, avec 1,2 milliard de dollars pour leur candidat-vaccin, en échange de 300 millions de doses réservées.
  • Le Français Sanofi a bénéficié avec son partenaire britannique GSK, d'un financement de 2 milliards de dollars portant sur 100 millions de doses.

Total provisoire: plus de 10 milliards de dollars pour les vaccins potentiels, le pays a en outre massivement investi pour assurer la logistique et la distribution. Avec des accords pour étendre notamment la capacité de production des fabricants de flacons et seringues pharmaceutiques.

Les dépenses de l'Union européenne

Côté européen, 6 contrats pour un montant total de 2,1 milliards d'euros (chiffre n'incluant pas les achats à Moderna) sont financés pour quasiment 2 milliards de doses. Mais la ventilation des dépenses est confidentielle.

  • Moderna: 6 millions de doses
  • AstraZeneca et Johnson & Johnson: jusqu'à 400 millions de doses auprès de chacu
  • Sanofi-GSK: jusqu'à 300 millions de doses
  • Pfizer-BioNTech: jusqu'à 300 millions de doses
  • CureVac: jusqu'à 405 millions de doses.

D'autres pays ont passé des accords directement avec les laboratoires, comme le Royaume-Uni, qui a commandé pour 355 millions de doses au total auprès de sept laboratoires. Là aussi, le détail financier des contrats n'est pas connu.

Les dépenses non liées aux laboratoires

Il faut également prendre en compte les investissements dans des partenariats public/privé ou des organisations spécifiques:

  • Cepi (Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies) finance neuf programmes pour promouvoir la recherche et le développement de nouveaux vaccins anti-Covid. En tout, à mi-octobre, elle avait reçu 1,3 milliard de dollars.

Les financements viennent d'Etats ou de donations privées, comme par exemple la fondation Bill et Melinda Gates, l'entreprise Nestlé ou la banque japonaise Sumitomo Mitsui.

  • Gavi: l'Alliance pour les vaccins codirige Covax, le dispositif d'achat et de répartition des vaccins créé pour assurer que ces derniers ne seront pas réservés aux pays riches. A mi-novembre, elle avait reçu pour 2,1 milliards de dollars de promesses de dons. Parmi les principaux contributeurs, on retrouve des Etats, dont 120 millions d'euros de la part de la France.
Olivier Chicheportiche avec AFP