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Vaccin AstraZeneca: Le Royaume-Uni a signé son contrat après l'UE mais a été livré plus rapidement

Le vaccin d'AstraZeneca

Le vaccin d'AstraZeneca - JUSTIN TALLIS © 2019 AFP

Alors que le PDG d'AstraZeneca justifiait le retard de livraison de vaccins à l'UE par une signature du contrat plus tardive par la Commission Européenne, il s'avère que le contrat britannique a été signé... 24 heures après l'européen.

La bataille entre AstraZeneca et l'Union Européenne est relancée. Alors que l'UE reproche depuis des semaines au laboratoire anglo-suédois d'avoir privilégier le Royaume-Uni dans sa livraison de vaccin, un nouveau document révélé par CNN relance la polémique. Il s'agit du contrat qui lie AstraZeneca au Royaume-Uni.

Ce contrat passablement expurgé de ses données commerciales révèle toutefois la date de la signature. C'est le 28 août que le laboratoire s'est engagé à fournir son vaccin au Royaume-Uni. Or, le contrat que la Commission européenne a négocié avec les États membres de l'UE a été approuvé le 14 août et est entré en vigueur le 27 août, soit la veille de celui du pays de Boris Johnson.

Le contrat du Royaume-Uni
Le contrat du Royaume-Uni © CNN

L'arguement du PDG français du laboratoire semble ne pas tenir. Pascal Soriot assurait en effet fin janvier que l'UE avait signé après le Royaume-Uni, d'où les livraisons plus tardives.

"Le contrat britannique a été signé trois mois avant l'accord européen sur les vaccins. Donc, avec le Royaume-Uni, nous avons eu trois mois supplémentaires pour résoudre tous les problèmes que nous avons rencontrés", se défendait le patron d'AstraZeneca.

Ce qui ne semble pas être le cas. Le contrat de l'UE ayant 24 heures de plus que le britannique.

Comme dans celui avec l'UE, la compagnie s'engage à déployer "ses meilleurs efforts raisonnables pour fabriquer les doses initiales" au pays.

Selon David Greene, un avocat interrogé par CNN qui a lu les deux contrats, AstraZeneca pouvait justifier des retards de livraison mais en revanche "ce qu'ils ne peuvent pas faire, à première vue, c'est choisir une partie contractante plutôt qu'une autre", assure le juriste. "Ils ne peuvent donc pas dire à l'UE "Je ne vais pas vous livrer parce que je vais livrer au Royaume-Uni."

Le Royaume-Uni qui a déjà vacciné 15 millions de ses concitoyens quand la vaccination en UE n'est pas aussi avancée faute de vaccin a-t-il fait pression sur le laboratoire pour être livré en priorité? Ou bien les informations concernant le calendrier sont-elles dans les parties expurgées du contrat?

Le ministre de la Santé britannique a laissé entendre dans une interview sur la radio LBC que cet élément était bien dans le contrat.

"Je n'allais pas me contenter d'un contrat qui permettrait au vaccin Oxford d'être livré à d'autres dans le monde avant nous, explique Matt Hancock. J'ai insisté sur le fait que nous pourrions assurer la sécurité de tout le public britannique car c'est ma principale responsabilité en tant que ministre de la Santé."

Reste à savoir quels éléments de calendrier sont éventuellement présents dans le contrat britannique. Et pourquoi, le cas échéant, l'UE n'a pas formulé les mêmes exigences de livraison.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco