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Thomas Piketty dénonce l'absence de volet social dans le plan de relance

L'économiste Thomas Piketty figure dans la promotion de la Légion d'honneur du 1er janvier.

L'économiste Thomas Piketty figure dans la promotion de la Légion d'honneur du 1er janvier. - Justin Sullivan - Getty Images - AFP

L'économiste estime que ce plan est en faveur du secteur marchand et qu'il aurait fallu augmenter les salaires.

Le gouvernement a fait un choix clair dans son plan de relance: celui de l'offre et des entreprises afin in fine de créer de l'activité, de l'emploi et donc de la croissance. Pour l'économiste Thomas Piketty, ce choix n'est pas le bon.

Le plan à 100 milliards d'euros "néglige la demande de justice sociale" et est "déséquilibré" en faveur du "secteur marchand", a-t-il jugé vendredi sur France Inter.

Il "néglige complètement la demande de justice sociale qui s'est exprimée dans le pays ces dernières années et qui est encore très forte, car la crise a précarisé encore plus une partie de la population".

"Approche classique"

Thomas Piketty a jugé également le plan "déséquilibré", car "très centré sur le secteur marchand, les entreprises", au détriment du "secteur public": "il aurait fallu investir bien plus dans la santé et la recherche, créer des emplois publics, et augmenter les salaires".

"Je pense qu'il aurait fallu, dans les circonstances actuelles, assumer d'augmenter les salaires dans la fonction publique, dans la santé, l'éducation et la recherche, d'abord parce que c'est efficace (...) et en plus c'est le moment, car les taux d'intérêt sont négatifs et l'inflation est faible", a-t-il insisté.

"Le gouvernement, en disant que tout va bien du côté des ménages, qu'il y a 100 milliards d'euros d'épargne, a une vision très macroéconomique" car "il y a d'autres personnes plus bas" dans l'échelle sociale "qui ont perdu des revenus", a-t-il poursuivi.

D'une manière générale, l'économiste regrette que, comme après la crise de 2008, "on se repose beaucoup sur l'approche classique de relance du secteur marchand" et sur "une politique monétaire qui va contribuer à doper les cours boursiers et immobiliers", ce qui "contribue à enrichir ceux qui ont déjà des patrimoines".

OC avec AFP