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Suez va tenter de riposter à l’offensive de Veolia

Bertrand Camus, directeur général de Suez.

Bertrand Camus, directeur général de Suez. - ERIC PIERMONT / AFP

Le groupe a créé un comité spécial chargé d’étudier toutes les voies alternatives à l’offre de rachat de son rival. Engie attend les propositions de Suez d’ici la fin de la semaine.

Mission impossible pour Suez. Le spécialiste de l’eau et des déchets est l’objet d’une offre de rachat de près de 10 milliards d’euros de Veolia. Son grand rival de toujours a lancé une offensive éclair un mois seulement après qu’Engie a ouvert la porte à une vente de sa part de 32,2% dans Suez. Le groupe dirigé par Antoine Frérot rêve depuis de longues années de mettre la main sur son premier concurrent.

Mais son "blitzkrieg" a surpris tout le monde. A commencer par Suez qui n’a pas eu le temps de riposter.

"Ils sont tous sonné car ils n’ont rien vu venir", assure un bon connaisseur du groupe.

"Beaucoup de gens savait que Veolia a travaillé sur une offre au mois d’août mais l’état-major de Suez n’a pas voulu croire à une attaque si soudaine", s’étonne encore un proche du groupe.

Une première stratégie de risposte d'ici la fin de la semaine

Aujourd’hui, l’heure est à la riposte. "La direction de Suez va se défendre et cherche des investisseurs pour une solution alternative à Veolia", veut croire un proche d’Engie. Le comité ad hoc qui vient d’être créé a bien "vocation à chercher et étudier des offres alternatives", note un dirigeant. Suez a déjà choisi deux banques d’affaires, Goldman Sachs et Société Générale, pour l’épauler dans sa défense. Selon nos informations, son actionnaire Engie attend des premières propositions pour la fin de la semaine.

Il espère surtout une bataille boursière et sur une enchère pour valoriser au maximum sa participation dans Suez. Mais un chevalier blanc sera difficile à trouver. Selon nos informations, plusieurs grands fonds d’infrastructures ont déjà été approchés.

"Racheter la part d’Engie sans prendre le contrôle n’a aucun intérêt, tranche le responsable parisien d’un fonds anglo-saxon. Et Veolia paiera toujours plus cher que nous".

Un lourd risque de casse sociale

Un groupe industriel étranger, espagnol par exemple, serait le bienvenu. Le nom de la banque espagnole Caixa, actionnaire de Suez à 6%, circule, selon une source. Les Espagnols ont toujours été présents chez Suez et attentifs aux activités qu’ils lui avaient vendues en Espagne et en Amérique latine, logées chez Agbar.

Pour l’heure, Suez n’a d’autres choix que de critiquer l’offre de Veolia qui vise à le démanteler. Pour éviter un veto de l’autorité de la concurrence, Veolia revendra les activités d’eau en France au fonds d’investissement français Meridiam. Et ce repreneur des activités françaises qui est déjà ciblé.

"C’est un fonds donc il aura besoin de tailler dans les coûts pour rentabiliser son investissement", note un proche de Suez.

Le groupe compte 7.000 salariés dans sa branche dédiée à la distribution de l’eau en France. Le risque de casse sociale est lourd alors que 600 postes ont déjà été supprimés en 2017. Un argument que la direction ne manquera pas de mettre en avant pour cibler l’allié de Veolia, Meridiam.

Par Matthieu Pechberty