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Solocal (ex Pages jaunes): grève suivie contre un projet de flexibilité des horaires de travail

Solocal (Ex Pages jaunes) a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de 16% au premier semestre 2020

Solocal (Ex Pages jaunes) a enregistré une baisse de son chiffre d'affaires de 16% au premier semestre 2020 - Lionel Bonaventure

Quelque 300 salariés de Solocal (ex Pages jaunes) sur 700 concernés ont suivi ce vendredi l'appel à la grève lancé par FO, la CGT et l'Unsa. En cause, un projet "visant à supprimer les RTT, à imposer des horaires d'équipe décalés et le travail le samedi", selon FO.

Déjà affecté par plusieurs plans sociaux à cause de la mort lente des annuaires papier Pages jaunes au profit de l'activité sur internet, Solocal affronte une journée de grève.

Suppression des jours de RTT, instauration du travail le samedi ou en horaires décalés tôt le matin ou tard le soir: 300 salariés se sont mis en grève pour dénoncer ce vendredi un projet de la direction, laquelle affirme qu'elle entame juste la négociation avec les partenaires sociaux.

"C'est une belle mobilisation, puisque la réorganisation touche 700 personnes, on est pas loin de 50%" a indiqué Frédéric Gallois, délégué syndical central Force ouvrière (FO).

Le taux de grévistes a atteint selon lui 80% dans la relation client et 50% parmi les télévendeurs.

Les négociations se poursuivent jusqu'en décembre

Pour sa part, la direction a "regretté cette initiative de quelques salariés alors que les échanges viennent juste de commencer avec les représentants du personnel" et doivent se poursuivre jusqu'en décembre 2020.

"Le projet que nous avons présenté porte principalement sur l'organisation du temps de travail de nos téléconseillers pour répondre aux attentes et besoins de nos clients", indique l'entreprise.

"Les 2000 salariés de Solocal pensaient avoir tout vécu, après plusieurs plans de licenciements sans précédent portant sur plus de 1.500 postes", souligne le syndicat FO. "La direction, sous couvert de flexibilité et de compétitivité veut imposer aux salariés travaillant en équipe de nouveaux horaires (travail tôt le matin, tard le soir et le samedi)" et "la suppression pure et simple des jours de RTT qui peuvent aller jusqu'à 19 par an", dénonce le syndicat.

La fin d'un confort de vie basé sur des horaires fixes

Or, "les salariés de Solocal sont pour beaucoup d'anciens salariés de centres d'appel qui ont choisi l'entreprise pour le confort de vie qu'apportent des horaires fixes", rappelle le délégué syndical centra FO.

Chez Solocal, "nous traitons des appels sortants et avons l'autonomie de véritables commerciaux, la direction veut nous transformer en téléopérateurs en balayant nos acquis sociaux", explique-t-il.

Les trois syndicats FO, CGT et Unsa sont majoritaires avec 61% face à la CFDT et la CFE-CGC (39%) qui n'ont pas appelé à la grève. Solocal, qui a connu une baisse de son chiffre d'affaires de 16% au premier semestre, a bénéficié récemment d'une augmentation de capital de 336 millions d'euros. L'entreprise table sur une baisse de chiffre d'affaires total de 20% sur l'année 2020 et un excédent brut d'exploitation supérieur à 130 millions d'euros pour l'année en cours.

F.B. avec AFP