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Sécu: feu vert du Parlement au principe d'une 5e branche "autonomie"

Une mission doit rendre ses conclusions en septembre pour que toutes les conséquences en termes de financement puissent être tirées dans le prochain projet de budget de la Sécu.

Une mission doit rendre ses conclusions en septembre pour que toutes les conséquences en termes de financement puissent être tirées dans le prochain projet de budget de la Sécu. - Valery Hache - AFP

C'est la "première pierre d'une grande réforme" du grand âge et de l'autonomie a déclaré la ministre chargée de l'Autonomie Brigitte Bourguignon. L'objectif est de dégager au moins un milliard d'euros dès 2021.

Le Parlement a adopté définitivement jeudi, par un ultime vote de l'Assemblée, les projets de loi sur la dette sociale, qui creusent fortement le "trou de la Sécu" après le coronavirus et valident la création d'une 5e branche consacrée à la perte d'autonomie.

Les deux textes - organique et ordinaire - ont été adoptés par 331 voix contre 56 et 43 abstentions pour le premier, et à main levée pour le second, avec le soutien de la majorité LREM, MoDem et Agir, les autres groupes votant majoritairement contre ou s'abstenant.

La nouvelle ministre chargée de l'Autonomie Brigitte Bourguignon a vanté devant les députés un texte qui "guidera pour longtemps le système de protection sociale". Elle a vu dans la création d'une 5e branche "autonomie", inscrite formellement dans le texte par les députés, la "première pierre d'une grande réforme" du grand âge et de l'autonomie qu'elle aura "à coeur de porter".

Une décision "historique"

La ministre a rappelé qu'une mission doit rendre ses conclusions en septembre pour "que toutes les conséquences en termes de financement et de gouvernance de la branche puissent être tirées dans le prochain" projet de budget de la Sécu. L'objectif est de dégager "au moins un milliard d'euros dès 2021", a-t-elle rappelé.

Plusieurs élus de la majorité ont vanté dans la foulée une décision "historique" avec la création de la nouvelle branche, en récusant les critiques des oppositions sur l'idée qu'elle ne soit qu'une "coquille vide". Pour saluer la pose "des fondations" de la branche, Cyrille Isaac-Sibille (MoDem) a même brandi symboliquement une pierre blanche ramassée "dans les jardins de l'Assemblée".

Mais les oppositions de droite comme de gauche leur ont reproché d'avoir "mis la charrue avant les boeufs", à l'instar de Jeanine Dubié (Libertés et Territoires). Le socialiste Joël Aviragnet a estimé qu'il ne s'agit pour l'instant "que d'une annonce" et qu'il y a "un loup" sur son financement.

C'est une "jolie étiquette sur un pot sans confiture", a abondé Pierre Dharréville (PCF), tandis que François Ruffin (LFI) a raillé un risque vieillesse lancé "sans un rond".

C.C. avec AFP