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Rolls-Royce veut créer 6000 emplois grâce à des mini-centrales nucléaires

L'ambition est de construire ces centrales à modèle réduit dans les 20 prochaines années, chacune d'une puissance de 440MW, soit assez d'électricité pour alimenter une ville de 450.000 foyers pour 60 ans

L'ambition est de construire ces centrales à modèle réduit dans les 20 prochaines années, chacune d'une puissance de 440MW, soit assez d'électricité pour alimenter une ville de 450.000 foyers pour 60 ans - ANDREW YATES

Ce nouveau projet pourrait lui permettre de se diversifier au moment où sa principale division, la fabrication de moteurs d'avions doit se restructurer et supprimer 9000 emplois.

Le groupe industriel britannique Rolls-Royce a annoncé mercredi vouloir créer 6.000 emplois sur cinq ans grâce un projet de 16 mini-centrales nucléaires qui doit encore recevoir le soutien du gouvernement.

Rolls-Royce, connu pour fabriquer des moteurs, porte ce projet au travers d'un consortium rassemblant plusieurs autres entreprises, selon un communiqué. L'ambition est de construire ces centrales à modèle réduit dans les 20 prochaines années, chacune d'une puissance de 440MW, soit assez d'électricité pour alimenter une ville de 450.000 foyers pour 60 ans.

L'énergie fournie pourrait permettre en outre de produire de l'hydrogène et du carburant neutre en carbone pour le transport aérien.

Créer 34.000 emplois de plus en 10 ans

Les emplois seraient créés dans la fabrication et l'assemblage des centrales, ainsi que dans la chaîne d'approvisionnement. Le consortium assure même pouvoir créer 34.000 emplois de plus d'ici le milieu des années 2030.

Mais ce projet nécessite encore l'engagement du gouvernement, lequel a déjà fourni 18 millions de livres l'an dernier pour aider à la conception de ces mini-réacteurs (SMR ou small modula reactors). Le groupe industriel a déjà l'expérience de ce type de réacteurs qu'il conçoit pour des sous-marins militaires.

Ce nouveau projet pourrait lui permettre de se diversifier au moment où sa principale division, la fabrication de moteurs d'avions, souffre de la crise sanitaire, si bien qu'il doit se restructurer et supprimer 9000 emplois.

Rolls-Royce assure que ces centrales miniatures s'inscrivent dans les plans du gouvernement qui prévoit un Royaume-Uni neutre en carbone en 2050 et veut dynamiser l'économie des régions hors de Londres.

Deux milliards de livres par mini-centrale

Le groupe, qui espère exporter à terme cette technologie, précise par exemple que jusqu'à 80% des composants pour ces centrales (en valeur) seront fabriqués dans des usines dans le centre et le nord de l'Angleterre.

Le consortium "propose au Royaume-Uni une solution nationale dans l'énergie nucléaire pour la première fois en une génération, avec un produit conçu et fabriqué au Royaume-Uni", souligne Tom Samson, son directeur général par intérim, cité dans le communiqué.

Le Financial Times, selon lequel une mini-centrale coûte autour de 2 milliards de livres, révélait début octobre que le gouvernement envisageait d'investir 1,5 à 2 milliards de livres afin d'acquérir une participation dans le programme.

L'annonce pourrait faire partie d'un plan en dix points sur les mesures à prendre pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Il devrait être présenté la semaine prochaine selon la BBC.

Le nucléaire fournit environ 20% de l'électricité dans le pays et les pouvoirs publics veulent maintenir cette part, ce qui nécessite de nouveaux projets pour prendre le relais des centrales nucléaires britanniques qui ont fermé ou sont sur le point d'arriver en fin de vie.

PS avec AFP