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Retraites: comment la hausse de la pension minimale profitera aux petits salaires

Emmanuel Macron s’était engagé en avril 2019 à ce que le niveau de retraite minimale soit de 1000 euros par mois. Un engagement repris par le rapport Delevoye en juillet puis par Edouard Philippe en décembre 2019.

Emmanuel Macron s’était engagé en avril 2019 à ce que le niveau de retraite minimale soit de 1000 euros par mois. Un engagement repris par le rapport Delevoye en juillet puis par Edouard Philippe en décembre 2019. - Philippe Hughen-AFP

Dans le futur système universel, toute personne ayant travaillé et cotisé toute sa carrière au niveau minimal et partant à la retraite avec une carrière complète, bénéficiera en 2025 d'une pension nette minimale garantie à 85 % du SMIC net, soit 1134 euros nets, selon l'étude d'impact diffusée ce vendredi par l'exécutif.

Le système de retraite par points va relever à terme la pension minimale des futurs retraités ayant eu une carrière complète avec des revenus modestes. Selon l'étude d'impact de la réforme diffusée ce vendredi, la comparaison avec le système actuel lui est clairement favorable.

"Aujourd’hui, environ 20 % des nouveaux retraités partent avec une retraite à taux plein, mais d’un niveau faible" explique le document. Actuellement, "une personne ayant cotisé toute sa vie au niveau minimal permettant de valider l’ensemble de ses trimestres (600 heures SMIC chaque année actuellement), a droit à une pension de l’ordre de 815 euros nets par mois si elle a été salariée, de 730 euros si elle a été commerçante, et de 890 euros si elle a été exploitant agricole" ajoute-t-il.

Ce niveau reste inférieur au minimum vieillesse, fixé à 903 euros par mois en janvier 2020, "mais dont la logique diffère, puisqu’il est versé sous conditions de ressource" souligne l'étude d'impact.

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A titre de comparaison, "un salarié ayant été rémunéré au SMIC durant l’ensemble de sa carrière percevra une pension nette de 987 euros en 2020. Un salarié ayant été rémunéré 80% du SMIC durant l’ensemble de sa carrière percevra comme nouveau retraité cette année une pension nette de 908 euros" explique le document.
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Dans le futur système universel, l'exécutif explique "qu'une personne ayant travaillé et cotisé toute sa vie avec des revenus modestes aura une pension nette minimale garantie à 85 % du SMIC net, soit l’équivalent de 1020 euros nets environ en 2019" et 1134 euros nets en 2025, pour ceux qui feront valoir leur droit à la retraite cette année-là.

Un bémol est à rappeler cependant: ce minimum ne sera garanti qu’aux salariés modestes pouvant justifier d’une carrière complète.

"On pense qu'il faut aller plus loin et aller progressivement. On demande que pour les gens qui ont été payés au SMIC toute leur vie, ce qui en soi est inacceptable, le minimum de pension arrive à terme à horizon du Smic" avait réclamé Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT sur l'antenne de BFMTV, mardi 21 janvier.

L'autre argument avancé par l'exécutif pour améliorer les pensions des salariés les plus modestes tient au fait que le minimum de pension sera revalorisé comme le SMIC, dans le futur système à points.

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- © Source: Cnav, modèle Prisme.

Ce mode d'indexation sur les salaires est plus favorable que l'actuel qui prévoit que les minima sont revalorisés comme l’inflation (à l’exception de la pension minimale garantie des exploitants agricoles), ce qui contribuera mécaniquement à augmenter les pensions sur le long terme.

"Un tel mode de revalorisation, basé sur le Smic plutôt que sur l’inflation, permet de garantir à tous un taux de remplacement significatif par rapport au salaire minimum" argumente l'étude d'impact. Il permet enfin et surtout que "le niveau du minimum de pension accordé à la liquidation ne décroche pas du niveau de rémunération moyen des actifs", ce qui n'est pas forcément le cas actuellement.

Frédéric Bergé