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Reconfinement: quels secteurs économiques souffriront le plus des nouvelles mesures?

Emmanuel Macron va s'exprimer ce soir à 20h et c'est l'hypothèse d'un reconfinement national qui tient la corde pour l'instant. Mais avec peut-être moins de restrictions qu'au printemps. Pour autant, c'est l'inquiétude qui domine dans les entreprises.

Le reconfinement que devrait annoncer le président de la République ce mercredi soir pourrait être un peu moins rigide que celui du printemps dernier. Néanmoins, pour les entreprises, les conséquences risquent d'être tout autant dramatiques.

  • Tous les commerces dits "non essentiels" vont-ils fermer?

On sait que le gouvernement veut cette fois essayer de maintenir un minimum de vie économique. On peut donc s'attendre à ce que certains lieux puissent rester ouverts notamment la journée. Mais il faut attendre les détails ce soir pour répondre précisément à cette question.

Sur BFMTV ce mercredi matin, Patrick Martin, président délégué du Medef, présent lors des dernières réunions avec le gouvernement mardi soir, est néanmoins pessimiste.

On nous a laissé entendre que les commerces non-alimentaires dits non-essentiels, 330.000 entreprises, seraient fermés. C'est grave", se désole-t-il.
  • Quels sont les secteurs qui vont avoir du mal à s'en remettre?

Les entreprises qui vont déjà très mal sont bien entendu les plus menacées. On pense à l'hôtellerie, à la restauration, à l'évenementiel, au secteur aérien... ou au commerce de détail qui souffre énormément depuis plusieurs mois. Un nouveau choc sera extrêmement difficile à encaisser.

Par exemple, dans la restauration collective, l'entreprise Sodexo a annoncé hier qu'elle comptait supprimer 2000 emplois.

Ce nouveau tour de vis intervient en plus dans un contexte où les banques resserent de plus en plus leurs conditions d'accès au crédit, ce qui signifie qu'il sera plus difficile d'emprunter pour les entreprises qu'au printemps dernier.

Les entreprises pourraient le supporter si les dispositifs de soutien sont renforcés, souligne Patrick Martin. Mais ça va créer des mouvements de fonds: si les commerces non-alimentaires sont fermés à l'approche des fêtes de Noël, c'est un boulevard qui sera fait pour les grands acteurs du e-commerce, je pense à Amazon en particulier".
  • Quels sont les secteurs qui verront leur redémarrage compromis?

La perspective d'un reconfinement est d'autant plus dommageable que certains secteurs se sont bien redressés. "Dans l'industrie, dans le bâtiment, le niveau d'activité est redevenu quasiment normal", précise le président délégué du Medef.

  • Le gouvernement pourra-t-il continuer à tenir à bout de bras l'économie?

Oui, les conditions d'endettement sont historiquement favorables. Les taux à dix ans de la France sont toujours négatifs par exemple. Pour avoir un ordre d'idée, Bruno Le Maire estime que le coût économique d'un reconfinement généralisé serait de 15 à 20 milliards d'euros par mois. Des reconfinements localisés coûteraient eux environ 5 milliards d'euros.

Le gouvernement peut sans problème continuer à creuser les déficits à court terme avec des dispositifs d'urgence comme le chômage partiel ou des exonérations de cotisations. Mais la contrepartie, c'est évidemment le niveau de dette publique qui va atteindre de nouveau records.

Raphaël Couderc et Olivier Chicheportiche