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Près d'un tiers des TPE aurait épuisé leur PGE

Appelés 7 jours sur 7, des mails pro le week-end… certains salariés subissent du stress hors travail.

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Le Syndicat des Indépendants (SDI) souligne aussi que le taux de refus pour les très petites entreprises serait largement supérieur aux statistiques officielles.

Si le prêt garanti par l'Etat (PGE) permet à des centaines d'entreprises impactées par les restrictions sanitaires de maintenir la tête hors de l'eau, pour les TPE, l'accès à ces prêts semble bien plus difficile.

Selon une enquête du Syndicat des Indépendants (menée auprès de 1240 artisans, commerçants, professionnels libéraux et dirigeants de TPE), le taux de refus atteindrait 10%, soit bien plus que les 2,7% avancés par la Banque de France (BDF).

"Cette différence s'explique par le fait que la BDF calcule son taux sur la base des dossiers 'éligibles', ce qui exclut les dossiers refusés oralement (65% des refus) ainsi que ceux dont l'instruction n'a jamais été achevée. Une seconde explication réside dans le fait que la BDF annonce un taux de refus global et non segmenté par catégorie d'entreprises", explique le syndicat.

60.000 euros obtenus dans 75% des cas

Pour les très petites entreprises qui l'ont obtenu, l'enquête relativise le montant octroyé. Alors que la BDF avance le chiffre moyen de 92.000 euros, le SDI estime que les montants accordés sont en réalité inférieurs à 60.000 euros dans 75% des cas et inférieurs à 30.000 euros dans 46% des cas.

Enfin, et c'est un chiffre inquiétant, plus de la moitié des TPE bénéficiaires d'un PGE l'ont déjà entamé, dont 27% l'ont épuisé à ce jour. Dans 92% des cas, le PGE a été affecté au paiement de dettes et charges courantes.

Force est de constater que la pandémie reprend, que la consommation est ralentie et qu'un tiers des TPE bénéficiaires ont, à ce jour, épuisé cette marge de sécurité. Selon la Banque de France, ce sont 150.000 TPE qui sont menacées de cessation des paiements. C'est une hécatombe et le renforcement des aides de façon ciblée et segmentée n'y changera rien. Il est urgent de rétablir un système universel sur la base d'une perte de chiffre d'affaires supérieure ou égale à 50%, assortie d'un principe ‘zéro charges pour zéro activité'", commente Marc Sanchez, Secrétaire Général du SDI.

Rappelons en effet que le gouvernement vient d'élargir l'accès au Fonds de solidarité à de nombreux autres secteurs, a relevé son montant et assoupli les conditions d'accès en termes de perte de chiffre d'affaires.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business