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Pourquoi un supermarché allemand affiche des tarifs plus élevés que le prix de vente

Le vrai prix d'un litre de lait en prenant en compte les coûts environnementaux.

Le vrai prix d'un litre de lait en prenant en compte les coûts environnementaux. - Rolf Vennenbernd - DPA

Un magasin du groupe de distribution Rewe va afficher le "véritable" prix des produits en tenant compte du coût environnemental lié à leur production. Sur la viande, le surcoût est de 173%.

2,79 euros ou 7,62 euros les 500 grammes de viande hachée? 0,79 euro ou 1,75 euro le litre de lait? Les clients du discounter Penny (groupe Rewe) qui va ouvrir ses portes ce mercredi à Berlin vont avoir une drôle de surprise en regardant les étiquettes de prix de certains produits. Ils verront en effet deux tarifs distincts affichés pour un même produit. En rouge, un prix bas, en vert un prix élevé.

Si c'est le rouge (le moins élevé) qui sera réellement facturé au client, le vert affiché à titre indicatif est tout de même censé influencé l'acheteur. Il indique en effet le véritable coût de 16 de ses produits propres en incluant le coût des dommages environnementaux occasionnés pour le produire.

"Les dommages environnementaux ne sont actuellement pas inclus dans le prix des denrées alimentaires. Au lieu de cela, ils sont un fardeau pour le grand public et les générations futures", indique à l'AFP Tobias Gaugler, spécialiste informatique qui a calculé les prix réels de nombreux produits à partir d'une étude de l'Université bavaroise d'Augsbourg. Cela prend en compte la lutte contre les gaz à effet de serre, les conséquences de la sur-fertilisation ainsi que des besoins énergétiques.

Et les différences sont spectaculaires en particulier pour la viande et les produits d'origine animale en général. Selon les calculs des scientifiques, le prix de la viande issue de l'élevage conventionnel devrait augmenter de 173% si les coûts cachés étaient pris en compte. Concrètement: 500 grammes de viande hachée mixte issue de la production conventionnelle ne coûteraient pas 2,79 euros mais 7,62 euros.

Le lait serait 122% plus cher, le gouda 88% et la mozzarella 52%. Les différences sont moins importantes pour les fruits et légumes (+19% pour les bananes, +8% pour les pommes par exemple), leur coût environnemental étant moins important que celui de l'élevage.

Même si le client ne doit finalement payer que le prix normal, Stefan Magel, le directeur général de Rewe, considère cette initiative comme un premier pas important vers plus de durabilité. "Nous devons arriver à rendre visibles les coûts de suivi de notre consommation, c'est le seul moyen pour le client de prendre une décision d'achat consciente, assure-t-il. En tant qu'entreprise dans un marché hautement concurrentiel, nous faisons sans aucun doute partie du problème " Si l'experience est concluante et que les clients réagissent positivement au double-affichage, le magasin pourrait l'étendre aux 3500 produits en vente.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco