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Pourquoi le déficit de la France n'inquiète pas tant que cela S&P

Jean-Michel Six, le chef économiste Europe de S&P

Jean-Michel Six, le chef économiste Europe de S&P - BFM Business

Invité de BFM Business, le chef économiste Europe de l'agence de notation Standard & Poor's, Jean-Michel Six estime qu'il faut surtout regarder la croissance à moyen terme, l'inflation et donc la capacité à réduire la dette par rapport au PIB.

Encore une fois, Bruxelles et Paris divergent. Ce jeudi 4 février la Commission européenne a livré ses prévisions économiques d'hiver, contredisant celles du gouvernement français aussi bien sur la croissance que sur le déficit.

Sur ce dernier point, la Commission européenne table sur une trajectoire de 3,4% du PIB en 2016 puis 3,2% en 2017, alors que le gouvernement espère lui arriver à 3,3% cette année puis 2,7% en 2017.

Un véritable problème? Pas tant que cela pour le chef économiste Europe de Standard & Poor's (S&P) Jean-Michel Six, invité de BFM Business ce jeudi 4 février. Ce dernier indique que "plus que le déficit à l'instant t" son agence regarde en priorité "la croissance à moyen terme (c'est-à-dire sur trois ans), l'inflation et, globalement, la capacité à infléchir la dette par rapport au PIB".

"Marge d'erreur"

Concernant la croissance, la Commission européenne anticipe 1,3% cette année contre 1,5% pour le gouvernement. Là encore Jean-Michel Six relativise l'écart. " A trois décimales près, aucun n'a raison, aucun n'a tort", affirme-t-il ajoutant qu'à ce stade on "est vraiment dans la marge d'erreur".

Il indique que dans le détail, la Commission européenne "fait l'hypothèse que la reprise dans le logement, secteur sinistré, sera plus faible que prévu par le gouvernement. Ce qui est difficile à dire aujourd'hui, car on voit quand même une reprise des mises en chantier".

De toute façon pour lui "la question qui se pose vraiment est celle de la baisse du chômage. Or, on sait qu'en dessous de 1,6-1,7% de croissance c'est très difficile à obtenir".

Les 4 mauvaises élèves

Au passage Jean-Michel Six fait remarquer "que dans toute l'Europe au sens large, sur les 28 pays d'Europe les derniers chiffres du chômage indiquaient que 24 d'entre eux ont enregistré une baisse conséquente". "Parmi les quatre je vous laisse deviner qui en fait partie", a-t-il feint d'interroger avant de donner lui-même la réponse: "en dehors de la France il n'y a que des petits pays".

Tout n'est cependant pas morose pour l'économie tricolore. Jean-Michel Six souligne ainsi que "l'investissement a donné des signes positifs de reprise l'an passé". Et pour cette année, l'optimisme est de mise. Les marges des entreprises s'améliorent et "les enquêtes auprès des chefs d'entreprise montrent un certain regain de confiance", fait-il valoir.

De plus, "l'environnement international volatil n'influe pas encore sur le moral des chefs d'entreprise". "Si tout cela se poursuit on peut s'attendre à ce que l'investissement continue de se raffermir ce qui serait excellent pour notre pays".

J.M.