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Pourquoi la taxe d'habitation a réservé de mauvaises surprises à certains cette année

La taxe d'habitation devait être supprimée "au plus tard d'ici à 2021"

La taxe d'habitation devait être supprimée "au plus tard d'ici à 2021" - Mychele Daniau - AFP

La taxe d’habitation, qui doit être payée avant ce samedi soir en ligne, n'est plus réclamée à 80% des ménages. Mais des contribuables, dont certains ne la payaient plus l’an dernier, doivent verser un montant supérieur lors de cet exercice fiscal.

Si vous payez vos impôts en ligne, vous avez jusqu'à ce samedi soir minuit pour régler votre taxe d'habitation, dont le paiement est couplé à la contribution à l'audiovisuel public, la fameuse redevance.

Alors que la taxe d’habitation devait être supprimée pour tous les contribuables cette année, certains doivent en effet encore s’en acquitter. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, cette suppression sur la résidence principale s'est finalement faite en plusieurs étapes. Pour 80% des ménages les moins aisés, la taxe d'habitation a été d'abord allégée de 30% en 2018, puis de 65% en 2019 avant de totalement disparaître en 2020. En revanche, pour les 20% de ménages les plus aisés, cette suppression a été décalée. Ces foyers bénéficient cette année d'une ristourne de 30%, puis ce sera -65% en 2022, avant une suppression totale également pour eux en 2023.

Ceux qui doivent payer plus que l'an dernier

Pourtant, malgré cette "ristourne", certains se retrouvent à payer davantage que l’an dernier, comme l'explique Le Parisien ce samedi.

Premier cas de figure: une taxe en hausse par rapport à l'an dernier, notamment en raison de la hausse de la base locative brute, qui sert au calcul de la taxe d'habitation et peut ainsi dépasser le dégrèvement de 30%.

Autre situation: ceux qui ne la payaient plus l’an dernier… et à qui on la réclame de nouveau cette année. Une conséquence parfois de la pandémie, dans le scénario où le télétravail entraîne une baisse des frais professionnels, provoquant une hausse du revenu fiscal de référence et donc une sortie de la catégorie des ménages exonérés.

Couples, colocations et garages privés

Exemples aussi évoqués par le quotidien: des couples qui se sont installés ensemble lors du dernier exercice fiscal et qui doivent s'acquitter de la taxe d'habitation alors qu'ils en étaient exonérés lorsqu'ils vivaient dans leur logement respectif. En cause ce coup-ci, la différence de plafonds de revenus pour être exonéré entre un célibataire, 27.761 euros, et un couple, 44.211 euros. En gagnant plus de 22.105 euros (par personne), le couple doit donc payer une taxe d'habitation qu'il ne devait pas verser l'an dernier.

Il faut aussi être vigilant dans les colocations, avec un avis d'imposition établi en général au nom d'un seul des occupants, qui doit donc s'arranger avec ses colocataires pour la répartition de la taxe d'habitation.

Dernière situation potentiellement problématique: un ménage disposant d'un garage qui n'est pas attenant au logement. "Les garages, remises et parkings privatifs situés à une distance inférieure à un kilomètre des logements, sont considérés, bien que non meublés, comme des dépendances immédiates et par conséquent imposables à la taxe d’habitation", explique la direction des finances publiques au Parisien. Au-delà du kilomètre, ce bien ne fera pas l'objet d'une taxe d'habitation spécifique.

https://twitter.com/Ju_Bonnet Julien Bonnet Journaliste BFM Auto