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Pour Patrick Artus, "il faut aller beaucoup plus vite" sur la vaccination pour éviter "un désastre"

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le chef économiste de Natixis se montre très pessimiste sur l'économie. Surtout si la France n'accélère pas clairement la campagne de vaccination.

"Il faut aller beaucoup plus vite." Après les professionnels de la santé, ce sont les économistes qui appellent à une sérieuse accélération de la campagne de vaccination. Invité sur le plateau de Good Morning Business ce mercredi, le chef économiste de Natixis, Patrick Artus, prévoit un avenir sombre si le pays ne parvient pas à mettre un terme rapidement à l'épidémie.

"On a probablement 12 ou 13% de la population aujourd'hui qui est immunisée parce qu'elle a été malade" explique-t-il. "Il faudrait atteindre entre 50 et 60% de population protégée pour sortir de maladie définitivement. Donc il faut vacciner 40%, soit 26 millions de personnes. Au rythme dont nous parle le gouvernement - 2 millions de vaccins par mois – cela fait treize mois. Et dans 13 mois, les vaccins ne seront sans doute plus bons" prévient-il.

Un désastre économique se profile

Et cela pose un sérieux problème : "si vous devez revacciner ceux qui ont déjà été vaccinés avant que vous ayez fini la première vague de vaccination, il y a un problème. Si on fait deux millions par mois, on ne sortira jamais de la Covid" tranche-t-il. "Dans un an, début 2022, on continuera à parler confinement."

Il faut donc passer la démultipliée. "Le gouvernement doit avoir comme objectif de vacciner cinq ou six millions de personnes par mois" explique Patrick Artus. "Si on ne vaccine pas, on aura un désastre sur le chômage, un désastre sur le bilan des entreprises (…) et une économie complètement plate pour très longtemps car les entreprises n'investiront plus".
Thomas Leroy Journaliste BFM Business