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Pour le patron de Brittany Ferries, le prêt garanti par l'Etat "est un boulet"

Le président du conseil de surveillance du groupe était invité ce mardi sur le plateau de Good Morning Business, sur BFM Business alors que Brittany Ferries traverse une crise sans précédent.

Ne pas "couler". C'est l'objectif de Jean-Marc Roué, président du conseil de surveillance de Brittany Ferries, qui affronte la pire période de son histoire, entre la crise économique, la quatorzaine imposée aux voyageurs en transit entre la France et le Royaume-Uni et le Brexit à venir. "Nous avons eu 63.000 annulations sur une saison qui était déjà fortement dégradée. Sur juillet-août, on a transporté à peu près 25% du nombre de passagers que l'on faisait sur une année normale", résume le patron du groupe, Jean-Marc Roué, ce mardi matin sur le plateau de Good Morning Business, sur BFM Business.

Pour faire face au confinement, l'armateur avait déjà contracté un prêt garanti par l'Etat (PGE), à savoir 117 millions d'euros. En y ajoutant le chômage partiel, "cela nous permet d'éviter d'aller directement au tribunal de commerce" pour une éventuelle liquidation.

Mais ce PGE est un "financement pour la crise mais c'est un boulet pour l'avenir, martèle Jean-Marc Roué. Je n'ai pas acheté un bloc-note avec ces 117 millions d'euros, je n'ai fait qu'honorer ce que je devais rembourser ou ce que je devais payer."

Et d'insister: "117 millions d'euros, chez Brittany Ferries, quand on investit ça, on rembourse sur douze ou quinze ans! Et on a quelque chose en face, on a un outil de compétitivité." A savoir un nouveau bateau, comme le Galicia, un navire commandé en 2018 et qui sera livré en décembre prochain.

Heureusement, "les fondamentaux sont toujours là", assure le patron. "Nos clients sont toujours existants" et Brittany Ferries espère bien récupérer une partie des vacanciers britanniques, privés de France cette année, l'été prochain. D'ici là, il faudra tenir...

Thomas Leroy Journaliste BFM Business